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Le ministre socialiste Mario Fehr. 
© Nick Soland

Politique

Le durcissement de l’asile à Zurich déchire le PS

La ligne du socialiste Mario Fehr plonge son parti dans la tourmente. Dernier épisode du conflit entre le ministre et sa base: l'adoption de mesures limitant la liberté de mouvement des requérants d'asile déboutés. Le président du PS Daniel Frei jette l'éponge

Le malaise est profond, au sein du PS zurichois, au lendemain de la démission de Daniel Frei, président du parti. La nouvelle a pris tout le monde de court. Les raisons de la crise, elle, ne sont pourtant pas une surprise: «Le conflit larvé autour de la politique et de la personne de Mario Fehr», explique le PS dans un communiqué. Le conseiller d’Etat socialiste, qui dirige le département de la sécurité, est sous le feu des critiques depuis plusieurs mois pour sa ligne en matière d’asile.

«A Genève, un conseiller d’Etat PLR régularise des clandestins. Pendant ce temps à Zurich, un ministre socialiste durcit la politique à l’égard des réfugiés», déplore Andrea Arezina, coprésidente, évoquant le projet Papyrus annoncé mardi, qui doit permettre à des milliers de sans-papiers vivant à Genève de demander un permis B. «Le canton de Zurich, avec son ministre Mario Fehr, devient pionnier suisse dans la politique d’asile répressive», tancent de leur côté les Verts zurichois.

Deux mesures en particulier, adoptées par le ministre zurichois, font débat. Depuis l’été 2016, l’office cantonal de l’immigration a interdit à près de 200 requérants déboutés de quitter le territoire de leur commune de résidence. Cette restriction s’applique à des personnes qui ont commis des délits, mais pas seulement. Elle est considérée par ses détracteurs, organisation de défense des réfugiés en tête, comme une limitation intolérable de la liberté de mouvement. Mario Fehr, lui, revendique cette décision comme moyen de pression pour pousser les requérants déboutés à quitter le territoire.

Une contestation plus large

Ce n’était pas la première fois que le ministre socialiste s’attirait les foudres de la gauche. Sa posture droitière en matière de sécurité l’avait déjà conduit à l’affrontement avec les jeunes socialistes (Juso) à plusieurs reprises, tandis que l’aile centriste du PS défendait sa locomotive électorale. Mais cette fois, la contestation s’est élargie: lors d’une assemblée des délégués du PS zurichois en septembre dernier, une résolution est adoptée à la majorité contre la limitation de mouvement des requérants d’asile.

Pas de quoi faire flancher le ministre, qui poursuit sur la même ligne. Depuis février, une nouvelle mesure oblige les requérants logeant dans des abris temporaires à signaler leur présence, matin et soir. De la «pure chicane», protestent les organisations de défense des réfugiés, qui ont lancé lundi une pétition contre cette décision. Le mouvement Operation Libero critique «une faillite politique, du point de vue libéral». Pour le président du PS Daniel Frei, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Il ne veut plus faire le grand écart entre les deux ailes d’un parti plus divisé que jamais.

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