Maltraitance 

Durcissement de la loi sur les expérimentations animales 

L'initiative «Oui à l’interdiction de l’expérimentation animale et humaine» a été lancée mardi à Berne. Le texte propose de remplacer les «pratiques barbares» contre des méthodes plus éthiques et moins coûteuses

L'expérimentation animale devrait bientôt être interdite. Une initiative populaire en ce sens a été lancée mardi: elle propose de remplacer la pratique par des méthodes alternatives plus éthiques et moins coûteuses. Les initiants ont jusqu'au 3 avril 2019 pour récolter les 100'000 signatures nécessaires.

«Quelque 80 organisations et entreprises soutiennent l'initiative», a précisé mardi le comité devant la presse réunie à Berne. Neuf personnalités, pour la plupart des activistes de la cause animale non affiliés à un parti, mais aussi des membres du PS et des Verts en font partie.

Tous ont pointé du doigt des pratiques «peu transparentes» qui causent des «souffrances inutiles aux animaux» et dont le succès n'est pas garanti. «Nous pouvons garder notre qualité de vie sans violer les droits des animaux et assumer un comportement éthique à leur égard», a martelé le comité.

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Ainsi, l'initiative «Oui à l'interdiction de l'expérimentation animale et humaine - Oui aux approches de recherche qui favorisent la sécurité et le progrès» précise que l'expérimentation animale est considérée comme un mauvais traitement infligé aux animaux et peut constituer un crime.

Commerce prohibé

Une première utilisation ne serait admise que si elle est dans l'intérêt global et prépondérant du sujet (animal ou humain) concerné. Elle devrait en outre être prometteuse, et effectuée de manière contrôlée et prudente, précise le texte d'initiative.

Le Conseil fédéral aurait deux ans pour fixer les dispositions d'exécution nécessaires. Dès l'entrée en vigueur de l'interdiction de l'expérimentation animale, le commerce, l'importation et l'exportation de produits faisant directement ou indirectement l'objet d'une telle pratique seraient prohibés.

Cela ne vaudrait toutefois pas pour les produits existants qui ne font plus l'objet d'aucune expérimentation animale. Seraient également interdites la mise sur le marché ainsi que la diffusion et la dissémination dans l'environnement de nouveaux développements ou de nouvelles importations pour lesquels il n'existe pas de procédure sans expérimentation animale officiellement reconnue.

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Approches substitutives

Pour remplacer l'expérimentation animale, le comité propose de mener des expérimentations sur la base de cultures de cellules humaines. Par exemple, il serait possible de tester des cosmétiques sur une peau cultivée au lieu du dos des lapins ou cobayes.

«Les méthodes alternatives offrent des résultats plus fiables. À long terme, les coûts pourraient également être réduits», ont expliqué les initiants. Par les modèles informatiques, des milliers de substances peuvent être testées en un jour, ce qui prendrait des années dans le cas des animaux.

Les approches substitutives sans vivisection devraient bénéficier d'aides publiques au moins équivalentes à celles dont bénéficiait précédemment l'expérimentation animale, souligne par ailleurs le texte d'initiative.

Pas la première initiative

D'autres initiatives concernant cette pratique sont en cours. C'est le cas notamment dans le canton de Genève, où la Ligue suisse contre la vivisection a déposé fin avril une initiative législative pour un meilleur contrôle de l'expérimentation animale. L'initiative a abouti, a annoncé fin septembre le Conseil d'Etat genevois.

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De son côté, l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) affirme que «les expériences sur les animaux ne sont admises que si aucune alternative n’est disponible». En 2016, le nombre d'animaux utilisés pour l'expérimentation en Suisse a baissé de 7,7% par rapport à 2015.

Selon l'OSAV, la législation suisse sur la protection des animaux est l’une des plus complètes du monde et le domaine des expériences sur les animaux y est strictement réglementé. Chaque demande est examinée par une commission cantonale.

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