Pas de chance pour Pascal Couchepin. Si le Conseil national est prêt à traiter en urgence le paquet «santé» du ministre, destiné à endiguer la hausse des coûts, l’autre Chambre du parlement n’est a priori pas disposée, elle, à accélérer la cadence. «Pour l’heure, le bureau du Conseil des Etats, compétent en la matière, n’a pas accepté d’appliquer la procédure d’urgence», confirme Mark Stucki, le porte-parole des services du parlement. Une position qui n’arrange pas le conseiller fédéral radical: ses propositions – notamment la controversée taxe de consultation de trente francs – sont censées entrer en vigueur au 1er janvier 2010. Or, sans procédure accélérée, il n’est pas assuré que le paquet soit agendé à la session d’automne.

Pour quel motif les sénateurs refusent-ils, à ce jour, de dérouler le tapis rouge à Pascal Couchepin? «La procédure d’urgence, comme son nom l’indique, ne doit être utilisée qu’en cas d’urgence», répond un proche du dossier. Or, Pascal Couchepin, entend-on, n’aurait pas fourni aux élus des explications suffisantes justifiant un traitement de faveur. Par ailleurs, le bureau du Conseil des Etats a la réputation d’être plus restrictif que celui du National.

Tout n’est pas joué, glisse toutefois un observateur. Il n’est pas exclu que la Chambre haute se laisse convaincre de la nécessité d’accélérer le tempo. «Mais pour cela, il serait souhaitable que Pascal Couchepin retravaille son argumentaire.»