C'est une première mondiale. Depuis lundi, quelque 900 Genevois voyagent sur le réseau de transports collectifs avec la carte «EasyRide» en poche ou dans le sac. Si ce test à grande échelle est concluant, ce système, qui permet de connaître les déplacements de l'usager afin de les facturer, pourrait être étendu à toute la Suisse à l'horizon 2005-2006.

A Genève, les Transports publics genevois (TPG) et les CFF ont accepté de mener l'expérience sur les lignes 2, 22 et S pour les déplacements en bus et trolleybus, et sur la voie ferrée Genève-Cornavin – La Plaine, pour les déplacements en train. Les usagers qui participent à cette expérience ont été choisis parce qu'ils empruntent régulièrement ces lignes.

Le système fonctionne de la façon suivante: lorsque le client monte dans le bus, une borne installée dans le véhicule, à proximité des portes, détecte les données enregistrées sur la carte, dont le format est celui d'une carte de crédit. La présence du porteur de la carte est signalée à la centrale EasyRide de Berne. L'usager n'a pas besoin de se coller à la borne. Celle-ci en décèle la présence dans un rayon de 5 mètres. Selon Santiago Garcia, chef de projet EasyRide, il n'y a pas d'impact sur la santé, «puisque les ondes sont très faibles; mille fois inférieures à celles captées par les téléphones portables».

Lorsque le client descend du bus, le détecteur informe la centrale. Pour les trains, le système est quasi identique, si ce n'est que la présence de porteurs de carte dans le wagon sera signalée à l'approche des gares. «Dans tous les cas, nous saurons où et à quelle heure l'individu a pris tel type de moyen de transport, et à quel arrêt il en est sorti», explique Santiago Garcia. Lorsque le système EasyRide entrera officiellement en fonction, l'entreprise de transports concernée facturera chaque mois les déplacements repérés grâce à la carte.

Ce test à grande échelle doit se poursuivre jusqu'à la fin de l'été. Dans une première phase qui durera trois mois, les usagers devront envoyer chaque semaine un carnet de bord dans lequel ils noteront scrupuleusement l'horaire et les extrémités de leurs déplacements. Ces renseignements seront comparés à ceux enregistrés par le système EasyRide. Au cours de la seconde phase, les participants n'auront plus à rendre compte de leurs déplacements; le réseau continuera à les surveiller. «Les informations que nous recevons sont anonymes. Elles sont soumises à la législation sur la protection des données», souligne Santiago Garcia.

Genève n'est pas seul à mener cette expérience. Dès la semaine prochaine, un test sera lancé sur la «Ligne verte», exploitée par les CFF et la SNCF. Cette ligne ferroviaire transfrontalière relie Mulhouse à Frick, en Argovie, en passant par Bâle.

«De nombreuses sociétés de transports situées à l'étranger s'intéressent à notre projet», souligne le chef de projet EasyRide. Les responsables du projet ont investi 10 millions de francs pour réaliser ces tests. «Il faudrait 3 à 4 années pour équiper tout le réseau des CFF, des cars de La Poste et des transports publics», estime Santiago Garcia, qui espère une mise en service en 2005.