«La solidarité contre l'égoïsme.» C'est le slogan qui peut résumer les arguments du comité «Oui à EtaCom», qui défend la réforme de la péréquation financière intercommunale. Ce projet, contre lequel la Fédération patronale vaudoise et la Ligue vaudoise ont fait aboutir un référendum, sera soumis au peuple le 21 mai.

Le comité pour le oui a ouvert mardi ce petit mois de campagne en présentant une comparaison intercantonale. Il en ressort que les écarts de taxation entre les communes vaudoises (qui vont de 1 à 3,4) sont parmi les plus criants de Suisse. Seuls les Grisons (1-3,9) et Fribourg (1-4,1) connaissent de plus fortes disparités. Même avec la correction proposée par EtaCom, qui réduira les écarts de 1 à 2,4, le canton de Vaud conservera davantage d'inégalités que n'en connaissent Genève et Zurich (1-1,7) Argovie et le Jura (1-1,5) et Schwytz (1-1,9). Dans le canton de Neuchâtel, il est prévu de ramener la fourchette des écarts de 1-2,4 actuelle à 1-1,9 selon le projet.

«Quelques grippe-sous ne doivent pas compromettre une réforme qui va dans l'intérêt bien compris de la majorité des communes», argumente le comité. «Je vois deux grands dangers, l'initiative du POP en faveur du taux unique d'une part, mais aussi le statu quo, dommageable au développement du canton», souligne le libéral Dominique Kohli, membre du comité «Oui à EtaCom», que co-président le patron de l'Union des communes vaudoises Pierre Grandjean et le député radical d'Yverdon Raymond Guyaz.

A l'exception du POP, tous les partis politiques sont représentés dans ce comité, qui compte pas moins de 446 membres à ce jour. Le nombre de manifestations agendées pendant la campagne, une trentaine, est lui aussi exceptionnel, tout comme l'engagement des sept conseillers d'Etat. Une vaste mobilisation a paru nécessaire pour convaincre les Vaudois d'accepter un projet techniquement complexe, disqualifié par ses adversaires comme une «machine à brasser les impôts communaux».

Bénéficiaire ou solidaire? A l'adresse www.etacom.ch, le site du comité permet à chaque contribuable de calculer les effets du fonds de péréquation sur ses impôts, selon sa commune, sa situation de famille et son revenu imposable. Y.R.