L’écart entre les primes les plus et les moins élevées s’est resserré entre 2022 et 2023. Résultat, les personnes assurées susceptibles d’économiser de l’argent sur leurs primes d’assurance maladie sont bien moins nombreuses cette année: près de 900 000 peuvent faire des économies contre 1,1 million l’année dernière.

Les personnes concernées ont la possibilité d’abaisser de 40%, voire plus, la charge que représentent leurs primes maladie l’an prochain. C’est ce que révèle une analyse menée par le Centre de recherches conjoncturelles KOF, de l’EPFZ, pour le compte du comparateur sur Internet Comparis, lequel précise dans un communiqué publié mardi matin que les économies sont possibles en passant à l’un des assureurs les moins chers, en augmentant la franchise ou en optant pour un autre modèle d’assurance auprès de leur caisse maladie actuelle.

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Covid et instabilité des marchés

Les primes de l’assurance maladie vont bondir en 2023 de 6,6% en moyenne, après quatre ans de stabilité, a dévoilé il y a une semaine l’Office fédéral de la santé publique. En cause, la pandémie de Covid-19, qui a fortement pesé sur les coûts de santé, et un effet de rattrapage. Si la hausse des primes concerne tous les cantons, Neuchâtel connaît la plus forte hausse avec 9,5% d’augmentation en moyenne. Les cantons mais aussi les organisations sectorielles de la santé et des consommateurs ont exprimé un mécontentement général suite aux annonces de l’OFSP.

Si les réserves des assureurs ont permis d’atténuer une partie de la hausse des primes, leur marge de manœuvre s’est révélée plus limitée cette année. Outre les coûts de prestations, les pertes sur les marchés financiers en raison de la guerre en Ukraine et de la hausse des taux d’intérêt ont aussi diminué les réserves, et donc affecté le niveau de solvabilité des assurances.

Un effet de la baisse des réserves

Selon Comparis, cette hausse est nettement plus élevée que celle des coûts des prestations médicales assurées, qui ont crû de 1,3% en 2022 et qui ne devraient augmenter que de 1,2% en 2023.

«La réduction trop forte des réserves imposée aux caisses par les décideurs politiques a eu pour conséquence de forcer même les caisses bon marché à augmenter drastiquement leurs primes», critique dans le communiqué Felix Schneuwly, expert de l’assurance maladie chez Comparis.

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