Réunissant syndicats et partis de gauche, le comité référendaire «pour la défense des prestations publiques» a lancé lundi sa campagne contre le nouveau modèle de calcul d’imposition «d’après la dépense» qui sera soumis à votation le 5 juin à Genève. La loi proposée doit permettre au canton de se mettre en conformité avec la législation fédérale. Seuls les contribuables étrangers résidant en Suisse et qui n’exercent aucune activité lucrative seront imposés sur l’intégralité de leurs dépenses estimées. Le montant minimum imposable est fixé à 400 000 francs par année, auquel s’ajoute une majoration de 10% de cette somme pour tenir compte de la fortune du forfaitaire.

Pour la gauche, le calcul retenu par le Conseil d’Etat manque «d’ambition en matière de recette fiscale». «Il ne devrait rapporter que 17 millions de francs au canton alors que d’autres modèles, choisis à Lucerne ou Saint-Gall, nous auraient permis de récolter quelque 82 millions de francs», argue le député socialiste Romain de Sainte-Marie. «C’est une imposition extrêmement minimaliste qui fera de Genève, l’un des cantons les plus généreux en la matière», déplore pour sa part la députée Verte Sophie Forster Carbonnier, laquelle craint que le canton ne serve de référence à ses voisins vaudois.

La gauche réfute tout acharnement fiscal

Depuis plusieurs années, les attaques fiscales de la gauche n’ont jamais abouti. En 2013, le PS n’était pas parvenu à récolter les paraphes nécessaires pour déposer son initiative visant à supprimer le bouclier fiscal cantonal. Une année plus tard, c’était au tour des urnes de rejeter l’abolition des forfaits fiscaux, puis des allégements fiscaux accordés aux entreprises en février 2016. Pour autant, pas question de «baisser les bras», assure Romain de Sainte-Marie, «tant que le canton mènera une politique d’austérité». Quitte à s’opposer systématiquement à la volonté populaire? «C’est faux!, réplique l’ancien président du PS. D’abord car les contre-projets d’un exécutif de droite soutenus par une majorité de droite au Grand Conseil ont eux aussi été refusés. Ensuite parce que l’amplitude avec laquelle nos initiatives ont été rejetées est de moins en moins élevée.»