Vaud

Echec de l'initiative UDC contre l'intégrisme religieux

L’initiative de l’UDC vaudoise contre l’intégrisme religieux n’a pas abouti. Le texte a recueilli environ 3000 signatures alors que 12 000 étaient nécessaires. Les initiants promettent de lancer un référendum contre la reconnaissance de l’islam, le moment venu

L’initiative a fait très nettement chou blanc. Elle attaquait une spécificité vaudoise, la reconnaissance des communautés religieuses d’intérêt public, et visait en particulier l’islam, l’Union vaudoise des associations musulmanes songeant à demander cette reconnaissance.

Le texte avait été présenté en novembre et lancé le 10 janvier dernier, en ouverture de la campagne pour les élections vaudoises. Le comité d’initiative réunissait notamment le secrétaire politique de l’UDC Vaud Kevin Grangier, la fondatrice de la Marche blanche Christine Bussat et le conseiller national Michaël Buffat.

Comment expliquer un échec aussi net? Pour Kevin Grangier, la population méconnaît les enjeux liés à cette reconnaissance. «On a observé, à nos dépens, que les gens ne sont pas informés qu’il existe des reconnaissances publiques de communautés religieuses.»

Hors des clivages habituels

Au sein de l’UDC, certains rechignaient à faire signer l’initiative. Cette thématique se place au-dessus des clivages partisans habituels, estime M. Grangier. «Je ne suis pas surpris qu’il y a eu des membres UDC qui n’ont pas soutenu le texte.»

Sur le fond, les initiants craignent que la reconnaissance des communautés islamiques ne permette à ces dernières de justifier leurs revendications. Ils estiment qu’elles tiennent un «double langage», se montrant «rassurantes devant la population» mais «travaillant dans l’ombre pour obtenir des aménagements au nom des préceptes coraniques», comme des carrés confessionnels.

Les initiants se disent prêts à lancer un référendum contre la reconnaissance d’intérêt publique accordée à ces communautés, qui pourrait intervenir dans «quelques années». «Il faudra que le peuple tranche», a ajouté Kevin Grangier.

Discours discriminant

«L’UDC n’a eu de cesse de faire du texte un argument de campagne contre la ministre en charge du dossier», l’écologiste Béatrice Métraux, ont réagi les Verts. Cet échec «cuisant» est le «signe patent que la population n’a pas mordu au discours discriminant du parti».

Les Verts rappellent que cette reconnaissance est ancrée dans la Constitution vaudoise de 2003 et que le règlement d’application a été adopté par le Conseil d’Etat en 2014. Ce dispositif favorise la paix confessionnelle et un dialogue continu, à même de lutter contre les risques de replis communautaristes, ajoutent-ils.

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