Echec de l’union entre PDC et PBD

Centre Les bourgeois-démocrates renoncent à l’union parlementaire

Les fiançailles entre le PDC et le PBD ont tourné court. Chacun reprend ses bagues. Les directions respectives des deux formations du centre ont fait connaître vendredi par un communiqué l’échec du projet d’union au niveau fédéral. Alors que le feu était au vert au PDC, c’est la direction du PBD qui a renoncé à poursuivre le projet de groupe parlementaire unique, devant le refus manifesté à la base, notamment dans ses sections bernoise et grisonne.

Le président du PDC, Christophe Darbellay, qui était l’un des initiateurs du projet, ne cachait pas une certaine amertume. «Cela fait un an que nous discutons de ce projet d’union avec la direction du PBD. Nous étions tombés d’accord pour créer un groupe parlementaire commun, sur le modèle de la CDU/CSU en Allemagne. Nous avons pu convaincre nos sections cantonales de l’importance du projet, qui permettait d’assurer deux sièges au Conseil fédéral pour les partis du centre. Je regrette que nos partenaires du PBD n’aient pu obtenir le même résultat face à leur base.»

Selon le président du PDC, «la dispersion du centre est un cadeau pour les partis qui misent sur la polarisation du paysage politique». Au PBD, le président, Martin Landolt, n’a pu être joint. Le communiqué du PBD rappelle que la direction a mené une consultation auprès des sections cantonales. Mais très vite il est apparu que le maintien d’un groupe parlementaire propre était indispensable pour profiler le parti et permettre son développement autonome. Au sein du PBD, on craint manifestement de perdre son identité dans une alliance avec un parti toujours connoté «catholique» dans certaines régions.

Le cœur n’y est plus

Même si les deux formations annoncent vouloir continuer à échanger régulièrement et à collaborer dans le cadre des travaux des Chambres fédérales, la déception dans les rangs du PDC ne laissait pas augurer d’un très grand enthousiasme pour poursuivre des contacts intensifs. Le refus de la section des Grisons, où PBD et PDC sont directement concurrents, permet notamment de s’interroger sur l’influence de la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf auprès de ses propres supporters.

Or l’objectif du groupe parlementaire, qui aurait pris la désignation d’Union, était précisément de constituer un groupe assez fort pour justifier le maintien de deux ministres du centre. Avec 44 élus démocrates-chrétiens et 10 bourgeois-démocrates, la nouvelle unité parlementaire pouvait dépasser en nombre les 41 élus du PLR. L’idée était aussi d’aller plus loin, en instituant notamment des journées de réflexion de l’Union au niveau national pour amorcer et renforcer des actions communes. Mais pas question de fusionner les appareils de parti, pas plus au niveau national que cantonal. Chacun devait conserver son identité.

La suite de la collaboration entre les deux formations devrait se jouer après les élections, précise Christophe Darbellay. Les partis cantonaux seront libres d’apparenter leurs listes. «Comme convenu, les deux partis analyseront les résultats de la collaboration après les élections de 2015, avant de décider de la suite à donner à celle-ci.» Pas question ainsi pour Christophe Darbellay de dire dès maintenant si le PDC soutiendra une réélection d’Eveline Widmer-Schlumpf.

Car les deux formations, selon le premier baromètre électoral, apparaissent comme les perdants les plus probables des élections fédérales de l’an prochain. Le PDC perdrait en effet 1,1% de suffrages sur son score de 12,3% en 2011 et le PBD 0,6%.