Politique

Eclats entre Simonetta Sommaruga et Roger Köppel

La conseillère fédérale a quitté la salle, suivie par l’ensemble du groupe socialiste au Conseil national, suite à une diatribe de l’UDC dans le débat sur la Croatie

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Le débat sur l’extension de l’Accord sur la libre circulation des personnes à la Croatie a donné lieu mardi à un épisode rare sous la Coupole fédérale. La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, qui avait essuyé un camouflet lors de l’objet traité précédemment (avec une non-entrée en matière de la droite sur un projet de révision de la Protection de l’enfant, ndlr) a pris la mouche en entendant le conseiller national Roger Köppel (UDC/ZH). Elle a ainsi quitté la salle, suivie par l’ensemble du groupe socialiste. Tous ont réintégré leur siège lorsque Roger Köppel a rejoint sa place, comme l’a constaté une journaliste de la NZZ sur place.

Le Zurichois, maître à penser de l’UDC, a attaqué directement la conseillère fédérale en défendant sa proposition de ne pas étendre l’Accord de libre circulation des personnes à la Croatie: «Je m’étonne de voir avec quelle manière frivole, avec quelle légèreté, vous, Madame Sommaruga, vous vous asseyez sur des dispositions constitutionnelles que jusqu'à il y a peu vous défendiez avec véhémence», a-t-il lancé.

Je sais, Madame la conseillère fédérale, que vous n’aimez pas trop lorsque l’on nomme les choses par leur nom, lorsque l’on dit la vérité

Il a ensuite mentionné la politique d’asile de la socialiste, de manière très critique et ironique, provoquant les sifflets d’une partie de l’assemblée: «Je sais, Madame la conseillère fédérale, que vous n’aimez pas trop lorsque l’on nomme les choses par leur nom, lorsque l’on dit la vérité. Vous préférez parler de procédures d’approbation des plans plutôt que d’expropriation, lorsque vous voulez réquisitionner les maisons et appartements des gens pour y mettre de jeunes requérants d’asile de Gambie, de Somalie ou d’Erythrée, que vous êtes allée chercher vous-même.» C’est à ce moment-là que la ministre bernoise a quitté la salle.

Le patron de la Weltwoche, plutôt satisfait de son effet, a clos sur le même ton: «Vous préférez parler de consultations et d’exception plutôt que de dire que vous et vos collègues vous êtes laissé extorquer par l’UE dans le cas de l’extension de la libre circulation à la Croatie.»

Débat sans suspense

Après avoir refusé de signer le protocole d’extension de la libre circulation des personnes à la Croatie en février 2014, jugeant cette extension contraire au résultat du vote de l'initiative «Contre l’immigration de masse», le Conseil fédéral est revenu sur sa position en mars dernier. Il estime que la situation a changé. La majorité du parlement s’apprête à lui emboîter le pas, hormis l’UDC.

Trois raisons principales ont été évoquées lors du débat d’entrée en matière mardi matin: il s’agit d’assurer le maintien des bilatérales, de mettre de l’huile dans les rouages des négociateurs suisses à l’œuvre à Bruxelles pour trouver une solution globale, et enfin, de permettre la réintégration pleine de la Suisse aux programmes européens de recherche Horizon 2020, de promotion du cinéma Média, et d’échanges estudiantins Erasmus +, suspendus en 2014 par l’UE.

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