Promu seule Haute Ecole spécialisée (HES) de Suisse pour la viticulture-œnologie, l'établissement de Changins, à Nyon, a dû modifier son organisation, rénover ses laboratoires et se doter d'auditoires plus vastes. Une opération à 4,8 millions, dont un petit tiers est apporté par la Confédération. Le reste se répartit entre les six cantons romands, Berne et le Tessin, en fonction d'une clé subtile qui met à la charge de l'Etat de Vaud un montant de 1,43 million ou 38,62% du coût total. Elle fait de lui le plus gros payeur.

De quoi justifier un contrôle parlementaire efficace? Pas du tout. Approuvée lundi par le Conseil d'Etat, la demande de crédit ne sera pas discutée avant janvier 2003 par le Grand Conseil. Les travaux, eux, sont achevés. Le calendrier qui figure dans l'exposé des motifs rappelle que les adjudications datent d'août 2001, que le chantier a commencé en septembre de la même année et qu'il s'est terminé à la fin de cet été. La seule explication fournie aux députés est maigre: «Voulant aller de l'avant dans la mise en route et l'application des programmes HES, la direction de Changins a décidé de démarrer les travaux le plus vite possible.»

Pas de pressions

Directeur de l'école, Jean-Philippe Mayor conteste avoir mis quiconque sous pression. Il rappelle que les besoins créés par la transformation en HES ont fait l'objet de projets chiffrés, soumis au Conseil de direction de l'école qui fait la liaison avec les cantons et la Confédération. A la tête de la HES de Suisse occidentale, François Bourquin confirme que les transformations de Changins y ont obtenu un préavis favorable. La Confédération a approuvé la rénovation en mars 2000, et un message pour les autorités cantonales est parti en juin 2000.

Pourquoi les sept autres cantons concernés ont pu se prononcer à temps mais pas les Vaudois? En l'absence du responsable du dossier, le canton semblait mercredi incapable de donner une réponse. Avec une note d'investissement de 3,81 (sur 5) le dossier était pourtant prioritaire. Selon certaines explications, la volonté de renégocier la clé de paiement a entraîné d'importants retards. Le passage de Changins de la responsabilité du Département de l'économie à celui de la formation aurait été une autre source de confusion. Seule certitude: le dossier a traîné, et les parlementaires en sont réduits à constater une fois de plus qu'en matière de subventionnement ils ne maîtrisent rien.