Les expériences d'une volée pilote se confirmeront-elles? La tendance observée cette fin de 6e année scolaire sur 1000 élèves de 12 établissements passés par le cycle de transition 5-6 d'Ecole vaudoise en mutation (EVM) est en tout cas plutôt rassurante: rien n'a bougé, ou si peu; 35,3% d'entre eux prennent la voie secondaire de baccalauréat (ancienne division prégymnasiale) (+2,9% par rapport à la moyenne calculée de 1993 à 1997); 34,6% suivront la voie secondaire générale (ancienne division supérieure), qui reste stable (+0,6%), et 28,8% fréquenteront la voie secondaire à options (ancienne division terminale) (–3,3%). Quant aux parents d'élèves, associés au choix de la filière, les enseignants observent une «plus grande implication de leur part et peut-être plus de confiance». La cheffe du Département cantonal de la formation et de la jeunesse, Francine Jeanprêtre, y voit un premier succès pour EVM, la réforme scolaire initiée par son prédécesseur Jean Jacques Schwaab: «Il est donc possible d'orienter plus d'élèves vers la voie supérieure. Je souhaiterais savoir si l'on a réussi à promouvoir les capacités propres de l'enfant pour transcender les origines sociales. Les enfants d'immigrés ont-ils été stimulés? Cela mérite une étude sociologique. Je sens en tout cas un enthousiasme pour EVM.»

Plus circonspect, le président de la Société pédagogique vaudoise (SVP), Philippe Martinet, estime que d'aussi légères variations ne constituent pas une tendance. «J'observe une stabilité de la répartition égale entre les trois filières. L'on peut en déduire que le système est toujours aussi sélectif, ou remarquer qu'EVM n'a pas suscité le «tous à l'université» que ses détracteurs redoutaient». Pour cet enseignant, l'orientation des élèves en fin de cycle de transition est bien moins intéressante que l'état de ceux-ci. «Le plaisir des enfants à l'issue de ces deux ans contraste avec le spectacle de certains jeunes démolis à l'issue de l'ex-cinquième année. Je les sens plus autonomes, plus aptes à s'auto-évaluer ou à travailler en équipe. C'est à ce titre que je parlerais du succès d'EVM.» La connaissance des matières sera-t-elle aussi solide? L'an prochain, tous les petits Vaudois de cet âge auront traversé le cycle 5-6. Leurs résultats seront plus significatifs.

Soulagement aussi dans les gymnases, à la clôture de la première année de la nouvelle maturité. Le système d'évaluation basé sur une échelle de 6 et son principe de la «double compensation» (qui veut que pour compenser un 3, il faut deux 5) n'engendre pas davantage d'échecs. Sur 1649 élèves, 85% ont réussi, 13,1% sont en échec, et 1,9% sur le ballant. Le taux d'échec ne diffère pas de ceux des fins des premières années précédentes, respectivement de 16%, 15,4%, 13,9%, 15,6%, 11,4% et 12,9%.

Le changement de système n'a non plus pas affecté le taux de réussite dans les écoles de diplôme. Francine Jeanprêtre en conclut que les habitudes pédagogiques ont été adaptées aux nouvelles exigences.