Vaud

Ecole vaudoise: un millier d’enseignants clament leur mécontentement

Lancé par une enseignante auxiliaire, un questionnaire sonde l’école vaudoise. Les résultats confirment les difficultés qu’occasionne la loi sur l’enseignement obligatoire (LEO)

Depuis leurs salles des maîtres, les enseignants de l’école obligatoire vaudoise avouent ne pas ou ne plus croire aux idées centrales de la loi lancée par leur ministre de tutelle, Anne-Catherine Lyon, il y a trois ans. 91,6% des 1121 personnes sondées ne sont pas satisfaites de son bébé, la LEO (loi sur l’enseignement obligatoire). Près de 80% d’entre elles souhaitent la réintroduction d’une troisième voie pour les élèves destinés à suivre un apprentissage, correspondant à l’ancienne VSO (voie secondaire à options).

Le sondage proposé par l’enseignante auxiliaire Christine Renaudin (par ailleurs cofondatrice du Parti vert’libéral vaudois) fait suite aux événements de la fin de l’été 2016. Alors qu’Anne-Catherine Lyon, en briguant une quatrième législature au Conseil d’Etat vaudois, se vantait d’avoir pacifié l’école vaudoise, une trentaine d’enseignants lui répondait dans une lettre ouverte: ils ne se retrouvaient pas dans le tableau qu’elle dressait.

«La LEO, un FLEO»

Par son action, Christine Renaudin prétend «donner une voix aux enseignants, une voix qu’Anne-Catherine Lyon n’a pas écoutée». Son sondage intitulé «La LEO, un FLEO» a été envoyé dans les 94 établissements vaudois de l’école obligatoire. Le département d’Anne-Catherine Lyon aurait alors tenté d’intimider les enseignants «en interdisant l’affichage et la circulation de ce sondage dans les écoles», rapporte son instigatrice. Le Département de la formation confirme avoir interdit l’affichage, mais pas de répondre au sondage. Le nombre de 1121 enseignants qui y ont participé représente, selon Christine Renaudin, «un tiers des enseignants concernés par la LEO». Grégory Durand, président de la Société pédagogique vaudoise, est sceptique: «9000 collaborateurs œuvrent dans l’enseignement obligatoire», corrige-t-il.

Les syndicats n’ont pas été mêlés à cette opération. Mais ils répondent qu’un groupe de travail associant directeurs d’établissements, doyens, parents d’élèves et chefs de département est déjà en place.

«Au moment de tirer le premier bilan de la LEO, nos associations professionnelles avaient relevé deux points à améliorer: la prise en charge des élèves les plus faibles et la revalorisation du statut de maître de classe. Nous y travaillons déjà», rétorque Grégory Durand.

S’il a permis aux enseignants d’exprimer leur mécontentement, le sondage s’avère aussi être un objet électoral et politique. Déjà, les candidats au Conseil d’Etat de l’Alliance du centre Sylvie Villa et Serge Melly proclament leur préoccupation face à ce «résultat alarmant». Christine Renaudin prévoit d’aller rencontrer tous les candidats à la succession d’Anne-Catherine Lyon et susceptibles de reprendre son département. Pour l’UDC Jacques Nicolet, par exemple, pas question d’abroger la loi: «Ces réformes sont longues et douloureuses à mettre en place. Il s’agit plutôt de travailler à l’amélioration du règlement et, en priorité, de redonner confiance aux professeurs.»

Sur le même sujet:

Publicité