Suite à la fermeture des établissements scolaires en mars dernier, l’enseignement à distance était devenu le nouveau quotidien des élèves vaudois. Trois études font le bilan de cet enseignement particulier. Le Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC) projette également des mesures plus performantes dans l’éventualité d’un nouveau confinement ou de quarantaines collectives.

La conseillère d’Etat Cesla Amarelle assure que l’enseignement à distance reste un appui secondaire et pas une fin en soi. «Le département fera tout pour maintenir l’enseignement en présentiel. Lui seul permet davantage d’égalité des chances et d’avoir la garantie que la progression se fait.»

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Synthèse de l’école à la maison

L’Unité de recherche pour le pilotage des systèmes pédagogiques (URSP), la Haute école pédagogique (HEP Vaud) et l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) présentent trois études synthétisant l’opinion des acteurs de l’enseignement à distance du printemps dernier: celle des élèves, celle des parents et celle des enseignants.

L’enquête sur les élèves a démontré (sur un échantillon de 4461 élèves) que seulement 5% des enfants au secondaire I ont totalement décroché. 35% des élèves affirment n’avoir suivi qu’une partie des cours. Les gymnasiens sont les plus impactés par ce décrochage par manque de motivation ou mauvaises conditions de travail. L’URSP remarque que même les élèves ayant suivi la totalité de l’enseignement n’y ont consacré qu’une à deux heures par jour en moyenne.

Derrière les enfants, il y a les parents qui ont quasiment endossé le rôle des professeurs. La principale difficulté a été de motiver les enfants ou de répondre à leurs questions. Malgré cette situation compliquée, la HEP a démontré que la majorité des parents d’enfants scolarisés au primaire se sont sentis à l’aise avec l’école à la maison.

Renforcement d’un système qui creuse les inégalités

Les études relèvent que l’entourage, les moyens à disposition, le milieu socio-économique de la famille et le niveau de facilité de l’élève creusent les inégalités. Malgré tout, l’EPFL démontre que les enseignants sont plutôt satisfaits de leur travail mais le contact avec l’élève reste primordial. Les professeurs sont actuellement formés à divers outils techniques et pédagogiques en cas de reconfinement.

Au-delà du bilan, «le DFJC se prépare au déploiement de l’enseignement à distance à large échelle» si les mesures sanitaires l’exigent. La synthèse de cet enseignement à distance permet un «effet de loupe sur les forces et les faiblesses de l’enseignement vaudois», assure Cesla Amarelle. Ces résultats offrent la possibilité au département de renforcer ce système d’apprentissage et d’anticiper une prochaine fermeture tout en essayant d’«assurer une année scolaire aussi normale que possible».

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