Ils pensaient à «ça» depuis un an, bien avant les Verts libéraux zurichois. Isabelle Chevalley a présenté hier les premiers candidats vaudois d'Ecologie libérale pour l'élection au Conseil national. La liste, incomplète et en quête de femmes, sert à élargir le choix offert aux électeurs et à donner corps à une vision qui conjugue développement durable et croissance économique. «L'environnement doit participer au débat politique, surtout à droite où il fait défaut», a déclaré la présidente du mouvement fondé en 2003.

Pour l'heure, huit noms empruntés à la famille du centre droit (trois libéraux, deux radicaux, trois «sans parti») figurent sur la liste. La présence du libéral Jacques-André Haury crée la surprise (LT 10.05.2007). Déçu par son parti, il promet une âme verte dans un esprit d'entreprise. L'écologie, il connaît. Isabelle Chevalley a rappelé l'engagement de Jacques-André Haury en faveur des lois cantonales sur l'énergie et sur la gestion des déchets. Le médecin lausannois tient également à contester la mainmise des Verts et de la gauche sur la vertu écologique.

Tout compte fait, avec Jacques-André Haury, le mouvement d'Isabelle Chevalley gagne en visibilité, lui offrant en retour, peut-être, un avenir sous la coupole fédérale.

Le PDC courtisé

Bien sûr, le coup inattendu du député lausannois contrarie les libéraux. Comme la liste d'Ecologie libérale agace UDC et radicaux qui ont refusé tout rapprochement obligeant le parti à proposer un sous-apparentement qui ne satisfait pas Isabelle Chevalley. C'est pourquoi elle discute maintenant un accord avec le PDC, accord toujours hypothétique.

Elle aurait préféré des alliances claires avec le camp libéral-radical, à l'image de celles conclues en Valais et à Neuchâtel, couronnant ainsi les ambitions romandes du mouvement. Auparavant les membres d'Ecologie libérale avaient aussi écarté l'idée d'intégrer la liste du parti, histoire de ne pas devenir des alibis verts.

Philippe Leuba, futur conseiller d'Etat, a exprimé sa surprise et sa tristesse de voir «un proche rejoindre une liste concurrente». Même sentiment chez Dominique Kohli, président du Parti libéral vaudois, qui a pris acte de la décision de Jacques-André Haury. Une décision qui le met de facto hors du parti.

«Il n'y a pas d'hostilité à l'égard d'Ecologie libérale», précise encore le président libéral. «Le parti est d'ailleurs toujours prêt à discuter, mais il ne fera pas davantage de concessions», ajoute-t-il.

Isabelle Chevalley continue de penser que l'appareil du parti porte sa part de responsabilité, alors que la base soutiendrait Ecologie libérale. Elle souhaite que cette «guerre» s'arrête et que l'on discute plutôt du rôle de l'écologie entre marchés globalisés et sauvegarde de l'environnement. Une écologie «complice de l'économie», selon l'expression de Jacques-André Haury, susceptible de créer des emplois et de faire gagner de l'argent. Sinon un siège à Berne.