Neuchâtel

Economies à la neuchâteloise: l'exemple du service des sports

Le Conseil d'Etat a réduit de moitié les effectifs, en supprimant une prestation, tout en désignant un chef de renom, l'ancien snowboarder Gilles Jaquet

Le ministre neuchâtelois Alain Ribaux a de la chance. Il réduit de moitié la dotation en personnel de son service des sports et, pour en désigner le nouveau chef, il reçoit 115 dossiers de candidatures, dont «dix à quinze impressionnants», déclare-t-il. Il a choisi l'ancien snowboarder chaux-de-fonnier de 42 ans Gilles Jaquet, vainqueur de la Coupe du monde en 2002, sélectionné aux Jeux olympiques de 1998, 2002 et 2006.

Une désignation de prestige, «qui contribue au rayonnement de Neuchâtel». C'est une bonne nouvelle pour un canton qui a plutôt tendance à en annoncer de peu réjouissantes, avec une situation financière jugée «critique». «C'est l'illustration que Neuchâtel reste ambitieux et attractif», se réjouit Alain Ribaux.

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La désignation de Gilles Jaquet n'est peut-être pas l'information principale. Elle masque un exercice délicat et plutôt réussi pour un canton qui a annoncé devoir économiser 100 millions (5% de ses charges) dans les trois à quatre ans. Alain Ribaux et le gouvernement ont entièrement réorganisé un service d'Etat, celui des sports, installé à Colombier avec dix personnes représentant 7 EPT (équivalents plein temps), dont la cheffe depuis 2004, Patricia Gacond, s'en est allée avant l'été.

Abandon des camps de ski

Il fut même question de le saborder. Finalement, la mue sortira le service de locaux au loyer trop élevé, réduira son effectif de 10 à 5 personnes ne représentant plus de 3,5 à 4 EPT. Avec à la clé une redéfinition des tâches et l'abandon de la chronophage et coûteuse gestion hivernale de 7 chalets valaisans et vaudois pour les camps de ski des écoles du canton. Dès l'hiver 2017-2018, il appartiendra aux cercles scolaires et aux communes de reprendre cette activité.

Les diminutions de personnel, de loyer et la prise en charge du déficit des camps de ski (75 000 francs en 2015) feront économiser 500 000 francs au canton, précise Alain Ribaux. Soit un tiers du coût du service. Financées par les fonds de la Loterie romande attribués au canton, les subventions aux sociétés sportives ne sont pas affectées.

Ce n'est pas tout. La réorganisation du service des sports appelle à davantage de collaboration et de coordination avec les services communaux des sports des villes de Neuchâtel (50 personnes) et La Chaux-de-Fonds (25 personnes). Sans compter que Gilles Jaquet devra être un fédérateur de ressources qui existe dans d'autres services étatiques pour promouvoir le sport (la santé, le tourisme, l'économie, l'intégration, l'éducation, la police).

Exemplaire

Une réforme modèle ? «Pas forcément, ne serait-ce que par son ampleur, nuance Alain Ribaux. Aucun autre service ne réduit ses effectifs de près de moitié.» Le ministre PLR estime toutefois que l'exercice est «exemplaire, car on diminue des coûts en choisissant de réduire une prestation. Mais cette réforme n'a pas été pensée pour servir de modèle.» 

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Avec Alain Ribaux, Gilles Jaquet n'estime pas qu'il s'engage dans une «galère», au contraire. Les deux hommes parlent de «nouveau souffle» et de promotion du sport à réinventer. «J'ai pour habitude de relever les défis», dit l'ancien champion, amenant du crédit aux réformes à accélérer à Neuchâtel.

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