Economiesuisse exige une libéralisation rapide du trafic ferroviaire, du marché de l’électricité et des services postaux. «La Suisse a besoin d’une nouvelle politique d’infrastructures accordant davantage de place à la concurrence.»

Cette nouvelle politique doit bénéficier d’un financement durable en accordant plus de place à l’initiative privée et à l’efficacité, a indiqué lundi à Zurich Pascal Gentinetta, président de la direction d’economiesuisse, en présentant le nouveau rapport sur les infrastructures.

Pour soulager les finances fédérales, economiesuisse propose de recourir au partenariat public-privé (PPP) pour le financement des infrastructures. Le deuxième tunnel routier du Gothard pourrait ainsi être creusé selon le modèle PPP, estime economiesuisse.

A cause de la crise financière et de la dette, beaucoup d’investisseurs privés attendent de bonnes occasions d’investir à long terme dans des infrastructures sûres, a souligné M. Gentinetta. Ne pas utiliser cet «argent dormant» est un non-sens.

Coûts transparents

Economiesuisse exige plus de transparence des coûts, notamment dans le secteur des transports publics, a indiqué Hans­peter Rentsch, président de la Commission des infrastructures d’economiesuisse et membre de la direction de Swatch Group.

Les Suisses sont les champions d’Europe des voyages en train. Si on tient compte des coûts, ils ne payent pas assez pour leurs déplacements. Il faut augmenter les prix des transports publics et moduler les prix en fonction de l’heure.

Dans le trafic routier, economiesuisse demande «de mettre un terme à la subvention croisée du rail par la route». C’est la seule façon de dégager des moyens financiers pour réaliser des projets routiers urgents.

Le plus important pour l’économie suisse est de disposer d’un approvisionnement énergétique sûr et compétitif, a indiqué Rudolf Hug, président de la Commission énergie et environnement d’economiesuisse. La stratégie énergétique 2050 du Conseil fédéral manque de réalisme, estime economiesuisse. «Il s’agit d’une vision et il existe le danger d’un activisme exagéré qui ne tienne pas compte des conséquences», a souligné M. Hug.

La situation sera particulièrement problématique en 2030 lorsque les centrales nucléaires ­seront déconnectées du réseau. Il faut élaborer maintenant un plan qui présente en toute transparence les étapes à suivre et s’assurer que le calendrier est respecté. Economiesuisse exige aussi l’ouverture intégrale du marché postal d’ici la fin de la législature. L’objectif est de faire bénéficier les clients «de gains d’efficience» et de placer La Poste «sur un pied d’égalité avec les prestataires privés» .