N’enseigner plus qu’une seule langue étrangère à l’école primaire: economiesuisse y est favorable. Mais la fédération des entreprises suisses ne s’avance pas pour désigner laquelle de l’anglais ou du français - respectivement de l’allemand - doit être enseignée en premier. L’organisation se dit favorable à la réduction de deux à une langue, si l’enseignement des langues étrangères menace le bon apprentissage dans d’autres branches.

L’unique langue étrangère choisie en primaire doit toutefois être la même dans tous les cantons d’une même région linguistique, exige la fédération des entreprises. Au final, les élèves doivent maîtriser les deux langues étrangères en question à la fin de l’école obligatoire.

Dans ses nouvelles lignes directrices en matière de politique de formation et de recherche, présentées à Zurich, la fédération des entreprises suisses appelle en outre à privilégier le bachelor, à limiter l’accès au master et à distinguer clairement les Universités des HES.

Economiesuisse souhaite que davantage d’étudiants entrent dans le monde du travail après avoir obtenu le bachelor. Achever son cursus académique avec le titre d’études de base en poche devrait devenir la règle, selon elle. Il existe, au sein des entreprises, une véritable demande s’adressant à des détenteurs de bachelor, affirme Rudolf Minsch, économiste en chef chez economiesuisse. Les étudiants venant des HES sont autant concernés que ceux venant des universités ou des EPF.

Les domaines de l’ingénierie, de l’informatique ainsi que des sciences naturelles et économiques font exception. Dans ces disciplines, le master reste une exigence, estime la faîtière des entreprises.

Dans les autres disciplines, une plus grande sélection des étudiants souhaitant suivre la voie du master est nécessaire, écrit economiesuisse. Seuls les meilleurs doivent y accéder, prétend Rudolf Minsch qui propose en outre un doublement du montant de la taxe universitaire des personnes faisant un master.

Il faut éviter par ailleurs de monter les HES contre les universités et inversement, selon lui. Glorifier la voie de l’apprentissage menant à des études en HES serait une erreur, tout comme le serait la glorification des études gymnasiales et universitaires.

«Nous avons besoin des deux voies et d’un profil clairement distinct pour les deux», estime M. Minsch. La tentative de transformer les hautes écoles spécialisées en mini-universités va dans le mauvais sens, tout comme celle d’exiger une formation duale de la part des unis. En diluant les différences, on nuit au système suisse de formation dans son ensemble.

La multiplication des voies de master proposées par les HES constitue donc un faux progrès, aux yeux d’economiesuisse. Ces établissements feraient mieux de mettre en avant leur atout majeur de manière plus nette: leur proximité avec le monde du travail.

Délivrer des doctorats n’est donc pas le rôle des HES, selon la faîtière des entreprises. Il faut en revanche inciter les universités à offrir aux meilleurs étudiants de HES la possibilité de faire un doctorat chez elles. Une coopération en ce sens entre les deux types d’institution est donc nécessaire.