C’est une violente attaque contre l’incapacité du parlement et du Conseil fédéral à entendre l’appel des Suisses pour sauver l’intégrité de la nature et la maîtrise de l’immigration qu’ont lancé mardi les membres du comité interpartis de soutien à l’initiative Ecopop «Halte à la surpopulation!» en vue de la votation du 30 novembre. Se défendant d’être motivés par des sentiments xénophobes ou égoïstes, les quelque neuf orateurs, pour la plupart ayant dépassé l’âge de la retraite, ont dénoncé «l’idéologie de la croissance».

«Nous sommes suisses et nous agissons en Suisse, pays dans lequel nous avons une responsabilité envers le patrimoine à laisser à nos enfants», même si la question de l’empreinte écologique de l’homme sur la planète se pose à tous, a expliqué Andreas Thommen, ancien président des Verts argoviens et membre du comité d’Ecopop. Pour le comité d’Ecopop, seule son initiative permettra à la Suisse d’éviter le cap des 11 millions d’habitants. Son affiche proclame d’ailleurs «9 millions plutôt que 12». Son budget de campagne sera d’environ 330 000 fr.

Le président du comité d’initiative, Benno Büeler, estime d’ailleurs que «la question de la croissance démographique est trop importante pour être laissée aux partis politiques».

Mais c’est surtout l’idéologie de la croissance qui a focalisé les attaques des divers orateurs. «Le parlement n’entend pas les appels répétés d’un peuple suisse qui tient aux beautés de la patrie, à l’intégrité de la nature et à un équilibre entre l’homme et les ressources naturelles», a dénoncé l’ancien directeur de l’Office fédéral de l’environnement Philippe Roch. Il est évident, selon lui, que la croissance de la population joue un rôle aussi important que le mode de consommation dans la dégradation de l’environnement.

L’entrepreneur et conseiller aux Etats Thomas Minder s’en est notamment pris à un développement économique démesuré qui conduit à un bétonnage de la Suisse. Le parlement est incapable et ne veut surtout pas prendre des mesures d’urgence pour maîtriser l’immigration, alors que les signaux d’alarme se manifestent depuis longtemps. Le sénateur schaffhousois s’est ainsi montré choqué que Fribourg puisse fêter son 300 000e habitant alors que cela se traduit aussi par un accaparement du sol agricole par les zones à bâtir.

Pour l’ancienne députée socialiste bernoise Anne-Marie Rey, le volet «planning familial» va dans le sens d’une autonomisation des femmes. Il ne s’agit nullement, selon elle, d’imposer une vision occidentale de la réduction démographique, mais de remplir les engagements de la conférence de l’ONU au Caire en 1994 de faire en sorte que chaque femme puisse avoir accès au planning familial.