Ed Fagan est l’un des premiers avocats à avoir lancé des procédures collectives planétaires, en l’occurrence contre les grandes banques suisses dans les années 1990 pour leur rôle dans les fonds juifs en déshérence: celles-ci avaient finalement préféré jeter l’éponge en concluant un accord loin des prétoires, pour un montant de 1,25 milliards de dollars. L’avocat a aussi attaqué les banques suisses pour leur rôle supposé dans le maintien du régime de l’apartheid en Afrique du Sud, les grandes entreprises allemandes accusées d’avoir fait fortune sur le travail forcé. Mais toutes ces années la controverse a accompagné les pas de l’homme de loi, accusé de préférer la lumière des projecteurs et les espèces sonnantes et trébuchantes au travail ingrat et solitaire du décorticage judiciaire.

Retournement du sort, ces dernières années il a fait face à plusieurs plaintes de ses clients qui l’accusaient de fraude et d’escroquerie. La Cour suprême du New Jersey n’est pas la première à lui interdire de continuer d’exercer, le reconnaissant coupable d’avoir détourné 400’000 dollars confiés par ses clients et qu’il aurait dû leur retourner. Ed Fagan a été rayé du barreau de New York pour les mêmes raisons en décembre. Il avait déposé le bilan en 2007 en Floride.

Ed Fagan nie avoir commis ces détournements, selon lui il a simplement touché son dû pour un travail effectivement fourni. Dont il ne peut fournir les preuves.

Dépassé par l’ampleur des causes qu’il défendait, par le nombre de ses clients, par les sommes en jeu, Ed Fagan s’était construit un solide réseau d’inimités. Preuve en est parmi d’autres, sa notice sur Wikipedia a été enrichie du jugement de la Cour Suprême du New Jersey dans les minutes qui l’ont suivi…