Le Temps: Les comités de parents, qui se sont prononcés aux deux tiers en faveur de l'hétérogénéité, demandent des enseignants formés et refusent des effectifs supérieurs à 18 élèves par classe.

Martine Brunschwig Graf: Les parents ont raison de penser qu'il faut des enseignants formés et un nombre d'élèves par classe plus réduit. Aujourd'hui, les 7e Latine et Scientifique comptent en moyenne 22,2 élèves par classe, les Générale et Pratique 13,33 élèves en moyenne et les 7e hétérogènes 17,16. Les 7e hétérogènes compteront donc moins d'élèves, mais les élèves de niveau moyen à faible se retrouveront dans des classes plus nombreuses qu'aujourd'hui. C'est là un des effets pervers de la généralisation des classes hétérogènes. Quant aux enseignants, il est vrai que l'enseignement en classes hétérogènes exige une formation pédagogique adéquate, et cela prend du temps.

– «Chacun pousse à fond la caisse» pour que son enfant ne reste pas en Générale ou en Pratique, dit un parent pour qui orientation se traduit par sélection.

– Le cycle d'orientation porte bien son nom. Les possibilités d'orientation existent pour autant que les élèves soient en situation de tirer le meilleur d'eux-mêmes. J'ajoute que les voies de formation ultérieure sont devenues plus diversifiées. Que ce soit dans la formation professionnelle ou générale, les élèves qui en ont la volonté ou la capacité peuvent poursuivre une filière jusqu'au niveau tertiaire. Enfin, il est vrai que la 7e hétérogène retarde l'orientation d'un an. Mais cette année décalée se retrouve sous forme de sélection-échec au 10e degré pour certains élèves. Je ne pense pas que cela soit un avantage. Mieux vaut des élèves orientés de façon régulière, avec des passerelles bien établies, qu'une orientation retardée qui se transforme en sélection plus sévère ensuite.

– Et la qualité de l'école genevoise?

– Nous n'avons pas à rougir, preuve en est les constantes sollicitations à intervenir en Suisse sur les sujets éducatifs. De plus Genève participe, comme tous les cantons suisses, à une enquête internationale (PISA) qui mesure les connaissances et les compétences des élèves en français, mathématiques et sciences. Les premiers résultats seront publiés cette année. Nous aurons une base comparative, car les enquêtes se poursuivront.