Des effets préventifs jugés éphémères

Pour évaluer l’efficacité et la pertinence de la vidéosurveillance – projet pilote d’une durée de deux ans –, les autorités genevoises ont mandaté Francisco Klauser, professeur assistant au sein de l’Institut de géographie de l’Université de Neuchâtel. Des critères objectifs (taux d’élucidation, nombre d’interpellations rendues possibles grâce aux images) et subjectifs (sentiment d’insécurité, climat du quartier) devraient permettre d’en rendre compte. Pour Francisco Klauser, l’adhésion des habitants au projet est une «nécessité». «Cela générera des effets indirects très positifs. A Olten, par exemple, cela a permis de rapprocher des types de population qui ne se parlaient jamais. Comme la police ou la population avec les travailleurs et travailleuses du sexe.»

Sur la nécessité d’une étude genevoise, alors que d’autres pays s’y sont déjà penchés, le professeur tranche: «En France, quasi toutes les évaluations ont été réalisées soit par la police, soit par des entreprises de transport. Elles ne sont donc pas indépendantes. Quant au Royaume-Uni, elles y ont été produites il y a déjà une quinzaine d’années, lorsque la technologie était encore balbutiante.»

Technologie prometteuse? L’intéressé nuance. «Ce que l’on constate généralement, c’est que les effets préventifs sont très efficaces au début, la population étant consciente de la présence des caméras. Ce phénomène s’estompe avec le temps. Le sentiment d’insécurité peut réapparaître chez les gens, tout comme le sentiment d’impunité chez ceux qui commettent des crimes.»