Sur la scène, deux grappes de sept candidats de sept partis se succèdent. Ce sont les invités du double grand débat politique organisé par RFJ à Glovelier, l’événement phare de la campagne électorale dans le canton du Jura. Diffusé en direct, en partie filmé, c’est le rendez-vous qu’aucune personne briguant un siège à Berne ne veut manquer. Les échanges restent courtois. Sauf lorsque l’on aborde le thème de l’égalité et qu’un candidat UDC se lance dans une comparaison biologique pour expliquer que, selon lui, l’égalité ne sera jamais totale. Il évoque, en termes bruts, l’échange des attributs respectifs des hommes et des femmes, provoquant des gloussements dans le public.

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Invitée à réagir, la prétendante du PDC Anne Froidevaux préfère se placer sur le terrain des idées: elle demande une «vigilance permanente» sur l’égalité, qu’il s’agisse du salaire ou de l’embauche. Elle suggère d'«inculquer l’égalité aux enfants» et souhaite que l’on fasse tout pour «permettre aux femmes de travailler». Mais elle représente un parti attaché aux PME et reste attentive à leurs besoins. «Il ne faut pas toujours charger le bateau avec des prescriptions. Il faut donner de l’air aux entreprises pour qu’elles créent des emplois», concède-t-elle.

Plaidoyer pour le «consommer local»

Une bonne campagne électorale est une campagne de proximité. Il faut s’intéresser aux PME et aussi, dans un canton comme le Jura, aux paysans. A Glovelier, Anne Froidevaux a lancé un plaidoyer pour le «consommer local», l’un de ses chevaux de bataille, qui fait résonance aux préoccupations de la population sur la préservation du climat. «Les agriculteurs veulent vivre de ce qu’ils vendent et être rémunérés pour leur travail. Il faut défendre une agriculture durable et locale. Mais nous avons en Suisse des lois plus strictes qui rendent la production plus chère», relève-t-elle en saluant la mise sur le marché d’un lait équitable. Toutefois, comme la production indigène ne couvre que la moitié de la consommation, des importations restent nécessaires.

Le budget de campagne d’Anne Froidevaux tourne autour de 5000 francs. Plusieurs rendez-vous, surtout internes au parti, figurent encore à son agenda jusqu’au 20 octobre. Atteindra-t-elle, ce jour-là, sa cible bernoise? Si elle n’y parvient pas, ce ne sera que partie remise. Elle n’a que 34 ans. Ces dernières semaines, on lui a souvent glissé à l’oreille que son nom circulait pour la succession de Charles Juillard au gouvernement. Si, comme c’est probable, le ministre est élu au Conseil des Etats, il devra quitter le palais delémontain. On pourrait alors reparler d’Anne Froidevaux. Mais d’autres sont en embuscade.


Vidéo: En campagne au Chant du Gros, avec Anne Froidevaux