L’Eglise réformée vaudoise (EERV) s’est dotée d’un nouvel exécutif samedi à Lausanne. Le seul pasteur sortant Antoine Reymond a été sèchement remercié par le synode (parlement). Les ministres Xavier Paillard et Jean-Michel Sordet, qui s’étaient inclinés face à M. Reymond en 2004, font leur entrée en force.

Troisième ministre à être élue, Line Dépraz est la première femme pasteure à s’installer à l’exécutif de l’Eglise réformée vaudoise. Celui-ci sera également présidé pour la première fois par une femme, Esther Gaillard, une laïque.

«C’est la deuxième fois en une vingtaine d’années qu’un ministre sortant n’est pas réélu», a expliqué Olivier Leuenberger, le président sortant du synode. Partiellement attendue, la défaite de M. Reymond, en poste depuis neuf ans, est cinglante: il a récolté 25 voix sur 86. Par souci de continuité, les délégués de l’Etat au sein du synode ont plaidé en vain pour la réélection des trois rescapés de l’équipe sortante: M. Reymond et les deux laïques, Max Blaser et Pascale Gilgien. Le synode les a en partie écoutés en réélisant les deux laïques.

Outre le conseil synodal, M. Reymond va devoir abandonner la présidence de la Conférence des Eglises protestantes de Suisse romande et son siège à la Fédération des Eglises protestantes de Suisse. La question de son avenir professionnel est ouverte.

Le candidat évangélique, le pasteur Pierre Bader, a récolté 13 voix, puis 8 voix au 2e tour. A ses yeux, sa non-élection ne va pourtant pas évacuer la question de la place des évangéliques au sein de l’EERV.