Le groupe UDC au Grand Conseil vaudois a subi un camouflet mardi, en ne réussissant pas à faire élire sa candidate au poste de juge suppléant au Tribunal administratif (TA). L'intéressée n'a de loin pas atteint la majorité qualifiée nécessaire au premier tour. Le second tour a ensuite été renvoyé à plus tard, ce qui pourrait permettre de rouvrir les candidatures. Les députés UDC se plaignent d'une cabale contre leur parti. Mais des élus des autres groupes – en particulier des députés ayant auditionné les candidats – renvoient la responsabilité de ce ratage à l'UDC elle-même, pour avoir avec insistance proposé une candidature insatisfaisante. Leur candidate, une juriste s'occupant actuellement de dossiers d'aménagement du territoire à l'Etat de Vaud, n'aurait pas, selon ses détracteurs, les qualités requises pour une fonction de juge.

L'incident a pris une tournure très désagréable en raison d'un mode de désignation des juges contestable. Si des députés peuvent auditionner les candidats, ils n'ont pas la compétence d'émettre un préavis formel. C'est donc une consigne de vote négatif ayant circulé parmi les groupes qui a fait rater l'élection de la candidate UDC, et non des motivations ouvertement exprimées. Cette affaire se produit au moment même où le TA fait l'objet d'une virulente attaque publique. La semaine dernière, un avocat s'en est pris nommément à quatre juges dont il a dénoncé l'inefficacité. Une plainte dont devra s'occuper le bureau du Grand Conseil.