Difficile pour l'heure de dresser un bilan définitif des élections communales dans le canton de Fribourg. Pour certains organes législatifs, les résultats ne seront connus que demain. Pourtant, une tendance peut déjà être esquissée ne serait-ce qu'au regard des résultats concernant les exécutifs: le PDC perd des plumes, subissant même une véritable débâcle en Singine, avec dix sièges perdus, alors que l'UDC progresse dans plusieurs districts. Les forces de gauche campent sur leurs positions ou progressent, notamment en Ville de Fribourg, où elles obtiennent la majorité au législatif. Outre ces deux faits majeurs, le statu quo a été largement reconduit dans le canton.

Développement de l'UDC

L'UDC est donc le grand bénéficiaire de ce week-end d'élections, durant lequel elle a remporté des victoires tant dans les secteurs alémaniques que francophones. Après la percée enregistrée lors des élections à la Constituante il y a un an, le parti de Christoph Blocher continue à aller de l'avant, en intégrant certains exécutifs du canton ou en confortant sa position dans d'autres: il remporte ainsi quatre sièges en Singine, alors qu'il n'en possédait aucun jusqu'à présent; un à Châtel-Saint-Denis – ce qui porte son capital à trois dans le chef-lieu de la Veveyse –; un à Morat et enfin un à Romont. Une progression remarquable qui se fait au détriment du PDC, bien incapable de résister à cette poussée.

Des victoires qui donnent faim. Absente en Sarine et en Gruyère, l'UDC compte bien y mettre sur pied des sections pour les prochaines échéances, dont les cantonales de cet automne. Au même titre que l'évolution de l'UDC blochérienne, le parti a su dépasser son électorat agrarien traditionnel pour s'assurer l'appui de chefs d'entreprise et d'indépendants.

Outre la poussée de l'UDC, l'événement majeur des communales réside dans le basculement de majorité au législatif de la capitale. Cette victoire de la gauche – qui, avec un exécutif conservé par la droite, instaure un régime de cohabitation forcée – est historique. En 1996, la droite menait encore de trois sièges (42 contre 38); aujourd'hui, la gauche détient 41 sièges sur 80. Le PS récolte 23 sièges, le PCS (Parti chrétien-social) 8, la Liste citoyenne 7 et Ouverture (ex-Parti social-démocrate) 3. Une courte majorité qui ne permettra toutefois pas de résoudre les paralysies de l'appareil législatif.

Si elle a fini par l'emporter au législatif, tout avait pourtant mal commencé pour la gauche. Le passage de neuf à cinq conseillers communaux aurait pu à lui seul bouleverser les rapports de force à l'exécutif de la ville. Il n'en a rien été: les cinq sortants rempilant pour une législature. Malgré une gestion souvent critiquée, Dominique de Buman et Jean Bourgknecht pour le PDC, Pierre-Alain Clément et Marie-Thérèse Maradan Ledergerber pour le PS et Claude Masser pour le PLR (Parti libéral-radical) retrouveront donc leur siège.

Il s'en est fallu de peu pour que la gauche ne gagne la majorité à l'exécutif, avec 50,1% des suffrages exprimés en sa faveur. Dispersée sur trois listes, celle du PS, celle de l'Entente Ouverture/PCS et la Liste citoyenne, la gauche a raté l'occasion de renverser la majorité bourgeoise.