«A Neuchâtel, il est encore très lourd de porter les couleurs de l'UDC.» Lundi matin, quelques heures avant l'échéance du dépôt des listes en vue des élections communales du 6 juin prochain, Yvan Perrin ne cachait pas sa déception. Avec des candidats dans seulement 5 des 62 communes du canton, le président de l'UDC neuchâteloise était loin des projections ébauchées au lendemain des dernières élections fédérales où, pour son premier test électoral, son parti avait réalisé un raz-de-marée, avec 22,5% des suffrages.

En raison de ces «grandes difficultés» à trouver des candidats, le parti blochérien sera présent dans cinq communes seulement, à savoir les trois villes, Corcelles-Cormondrèche et Colombier. Dans le chef-lieu, une liste portant cinq noms menée par la vice-présidente du parti, Maria Angela Guyot, et son mari, Frédéric, secrétaire et caissier, est inscrite à la fois pour le Conseil communal (exécutif) et pour le Conseil général. A La Chaux-de-Fonds, le président de la section locale, Pierre Hainard, et son vice-président, Jean-Charles Legrix, viseront un fauteuil à l'exécutif. Sept candidats les encadreront dans la course au Conseil général. Au Locle, enfin, l'ancien libéral Patrick Perret sera en lice sur les deux fronts, accompagné de trois colistiers pour le législatif.

Yvan Perrin «déplore» cette faible représentation géographique. Il regrette particulièrement l'absence de listes UDC dans sa région du Val-de-Travers, où le parti avait réalisé d'excellents scores en octobre 2003. «Beaucoup de personnes intéressées ont finalement renoncé, en particulier dans le monde des PME, raconte le conseiller national. Elles craignaient qu'une candidature ne perturbe la marche de leurs affaires.»

Malgré ses succès, l'UDC serait-elle diabolisée au point d'empêcher des vocations politiques? «Nous sommes nouveaux dans le canton, nous dérangeons, c'est sûr, avance Pierre Hainard. Les gens votent pour nous, mais ils ne sont pas prêts à s'afficher publiquement. Ce n'est pas de la peur. Juste de la retenue.» «L'étiquette UDC est particulièrement difficile à porter dans les villages, où tout le monde se connaît», estime, quant à lui, Yvan Perrin.

Selon ses deux locomotives, l'UDC souffre également de la difficulté récurrente que rencontrent toutes les formations politiques pour recruter à l'échelon communal. «Quand j'étais au Parti radical, le problème était exactement le même», se souvient Pierre Hainard.

Ambitions modérées

Dans ce contexte, les ambitions des démocrates du centre – qui comptent 250 adhérents dans le canton – sont relativement modérées. Le parti cherchera à obtenir un maximum de sièges dans les législatifs et un fauteuil – voire deux – au sein d'un exécutif. Pierre Hainard semble être le mieux placé pour atteindre cet objectif à La Chaux-de-Fonds avec le retrait, à droite, du libéral Georges Jeanbourquin.

S'il n'est guère optimiste pour le mois de juin, Yvan Perrin se montre en revanche très confiant pour les élections cantonales de l'an prochain: «Notre liste de cinq noms pour le Conseil d'Etat est presque sous toit. Ma candidature? J'espère ne pas avoir à me lancer. J'ai mon mandat à Berne. Je ne veux pas brûler les étapes.» S'il était battu à La Chaux-de-Fonds en juin, Pierre Hainard serait partant. Tout comme deux autres transfuges radicaux, Pierre-Alain Storrer et Walter Willener. Le président Perrin espère en outre pouvoir compter «sur d'autres transfuges des partis bourgeois» dans la course au Grand Conseil, en particulier si ces derniers devaient refuser tout apparentement.