Les élections communales neuchâteloises du 6 juin s'annoncent particulièrement indécises. Pour la première fois, huit communes – dont les villes de Neuchâtel, de La Chaux-de-Fonds et du Locle – éliront directement leurs représentants à l'exécutif. Jusqu'ici, les conseillers communaux étaient élus par le Conseil général (parlement). Autre nouveauté: la présence de l'UDC. Après son arrivée fracassante sur le devant de la scène politique lors des élections fédérales d'octobre dernier, le parti d'Yvan Perrin sera en lice dans 6 des 62 communes, dont les trois villes. Une représentation jugée «décevante» par son président, qui souligne la difficulté de trouver des candidats, l'étiquette UDC étant encore «très lourde à porter dans le canton».

Mal vue, l'UDC l'est aussi par la droite libérale et radicale. Depuis les fédérales, les deux partis bourgeois n'ont cessé de s'interroger quant à la stratégie à adopter face au nouveau venu. Début novembre 2003, la crainte et la méfiance prenaient le pas sur l'opportunisme électoral: radicaux et UDC ne parvenaient pas à se mettre d'accord sur une alliance pour le deuxième tour de l'élection au Conseil des Etats. La socialiste Gisèle Ory en profitait pour accéder au parlement fédéral. En février dernier, un compromis était trouvé pour défendre les deux projets de baisse de la fiscalité cantonale, finalement rejetés par le peuple le 28 mars.

L'UDC seule au combat

Cette ouverture devait également être de mise pour les élections communales. Après réflexion, la direction du Parti libéral neuchâtelois a en effet laissé aux sections communales la latitude de s'apparenter ou non à l'UDC et aux radicaux. D'abord «choqués» par la démarche, ces derniers faisaient finalement de même, soulignant «leur préférence» pour les arrangements «avec les cousins libéraux».

Au final, l'UDC partira seule au combat. A Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds, Le Locle, Colombier, Le Landeron et Corcelles-Cormondrèche, la droite libérale-radicale a en effet préféré s'en tenir à des alliances «traditionnelles». Dans ce contexte, bénéficiant en outre du système proportionnel, la gauche plurielle devrait conserver sa majorité dans les trois villes (lire ci-dessous). Dans le reste du canton, rien ou presque ne devrait changer. L'UDC encore marginale, le PDC confiné à la seule ville de Neuchâtel, radicaux, libéraux et les quelques ententes villageoises devraient se tailler la part du lion dans les communes rurales et viticoles.