L'UDC zurichoise veut garder la tête haute malgré la gifle reçue dimanche dernier lors du premier tour de l'élection complémentaire au Conseil d'Etat (LT du 28.02.2005). A un peu plus d'un mois du second tour, les grands moyens sont mis en place: la tactique – et par là même le sort du candidat Toni Bortoluzzi, arrivé en deuxième position – devrait être décidée lors d'une assemblée des délégués prévue lundin.

Une chose semble claire: il faut convaincre les radicaux et le milieu économique zurichois de l'importance de l'échéance. Car, comme escompté, les Verts ont donné mardi soir leur soutien au candidat démocrate-chrétien, Hans Hollenstein. Sans perdre son élan habituel, le secrétaire UDC Claudio Zanetti a déclaré: «Les radicaux doivent prendre au sérieux ce que signifierait une défaite.»

La position résonne comme un refrain, mais chanté avec plus ou moins de conviction. Le président de l'UDC zurichoise, Peter Good, l'avance à demi-mot dans une interview à la Neue Zürcher Zeitung: «Peut-être que trop peu de bourgeois se sont rendus aux urnes parce qu'ils n'ont pas vu la portée de cette élection.» Avant de poursuivre: «La gauche a mieux fait son travail, et a mené une campagne unie. Il faut espérer qu'une collaboration avec les radicaux aura encore son poids.»

Chez les radicaux précisément, le cercle directeur a décidé mercredi de maintenir son soutien au candidat UDC. L'ambiance est loin de l'euphorie, la gifle a eu son effet, mais on ne cache pas ses attentes. «L'UDC doit démontrer de manière crédible qu'elle veut cesser ses provocations», soutient Doris Fiala. Dimanche, la présidente radicale avait vu dans les propos agressifs de poulains démocrates du centre, tel le conseiller national Christoph Mörgeli, une raison au revers.

«L'UDC doit prendre ses responsabilités et reconnaître officiellement que ces provocations lui ont été néfastes.» Là aussi, et malgré la perte de vitesse de son parti, Doris Fiala semble certaine du crédit qui est le sien. La priorité, c'est désormais un exécutif à majorité bourgeoise. En ce sens, elle rejoint l'UDC. Tout comme elle s'y associe quand il faut se faire du souci pour le futur du canton.

Quant à savoir si l'UDC va répondre aux vœux formulés, le doute est permis. Si on lui parle de provocation, le secrétaire du parti s'en défend: cela n'a jamais été le but poursuivi. Aucune position tranchée n'est avancée concernant la présence de Toni Bortoluzzi au second tour, mais on refuse de parler d'un problème de personnalité.