Ira, ira pas ? Depuis des semaines, Pascal Broulis faisait durer le suspense sur sa participation aux élections fédérales. Lundi, à deux jours du congrès de son parti, le patron des finances cantonales fait savoir qu’il renonce : ce n’est pas lui qui tentera de reconquérir pour la droite l’un des deux sièges au Conseil des Etats. Ou plus précisément ce lui de l’écologiste Luc Recordon, qui est directement visé.

«Je préfère me battre pour mon canton, pour la réforme de la fiscalité des entreprises, pour celle de la péréquation, pour la métropole lémanique, explique Pascal Broulis au Temps. Je suis heureux et motivé.» Le conseiller d’Etat vaudois assure qu’il avait fait part de son choix il y a deux ans à ses proches en politique et qu’il a «tenu parole.» Pour lui, Olivier Français est «un excellent candidat, qui a de bonne chances de rééquilibrer» la députation vaudoise au Conseil des Etats.

Le choix de Pascal Broulis ne manquera pas pourtant de décevoir ceux pour qui l’argentier cantonal était le mieux à même de réussir l’exploit: briser le monopole que la gauche vaudoise exerce depuis huit ans à la chambre des cantons. Les deux autres ministres vaudois du PLR, Jacqueline de Quattro et Philippe Leuba, tenus pour des candidats de réserve, ont eux-mêmes considéré que leur aîné de fonction était mieux placé qu’eux et qu’ils ne souhaitaient pas le remplacer dans la course. Ils font des élections cantonales de 2017 leur priorité.

Au final, la direction du PLR vaudois présentera au congrès de mercredi un candidat unique aux Etats : le conseiller national Olivier Français. Il a le « soutien enthousiaste » des autres élus fédéraux du PLR, Isabelle Moret, Olivier Feller et Fathi Derder.

Isabelle Moret, candidate aux Etats en 2011, ne souhaitant pas renouveler l’expérience, Olivier Français était le candidat tout désigné, au vu de sa bonne élection d’il y a quatre ans et de son envie d ‘y aller.

Olivier Français est habitué aux situations difficiles: il siège à l’exécutif de la Ville, comme directeur des travaux, dans une position très minoritaire face à six élus de la gauche. En cas d’élection, la controverse sur son double mandat - contesté par la gauche lausannoise - ne manquera pas de rebondir. «Je finirais mon mandat municipal, affirme-t-il, pour ne pas provoquer une élection partielle à quelques mois des élections communales du printemps 2016. Mais il ne serait pas question d’exercer plus durablement un double mandat, la charge de sénateur ne le permettant pas.»