Jamais les candidats aux élections fédérales n’ont été aussi nombreux que cette année. Le Temps a suivi six d’entre eux sur le terrain pour un carnet de campagne. Au lendemain du scrutin, ces représentants de la relève commentent leur expérience, leur résultat et leur prochain défi.

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Virna Conti (GE): «Il faut absolument se ressaisir»

Avec ses 1740 voix, l’UDC genevoise Virna Conti n’a pas de quoi rougir. Pour sa première tentative d’élection au Conseil national, elle termine largement en tête de la liste des Jeunes UDC, avec près de 700 voix d’avance sur le suivant. Au total, sa liste a remporté 0,56% des suffrages dans le canton.

«Je me suis lancée dans l’aventure pour l’expérience avant tout», relève Virna Conti, qui concilie engagement politique et études de droit. En revanche, le bilan de son parti, qui a perdu 12 sièges au Conseil national, la préoccupe: «L’UDC a souffert plus qu’aucun autre parti de la vague verte, il faut absolument se ressaisir pour continuer à défendre la souveraineté de la Suisse.»

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Anne Froidevaux (JU): Un autre siège en vue

Bilan en demi-teinte pour la PDC jurassienne Anne Froidevaux. Elle est satisfaite de son résultat personnel: 3214 voix, contre 4622 pour le sortant Jean-Paul Gschwind. «La logique a été respectée, mais je n’étais finalement pas très loin de lui, relève-t-elle. Ma campagne m’a fait aller davantage dans les détails des dossiers fédéraux, ce qui est positif. Mais le recul enregistré par le PDC, qui n’est plus le premier parti du canton, me laisse un sentiment mitigé.»

Le résultat médiocre de son parti peut avoir des conséquences pour la succession de Charles Juillard au gouvernement cantonal. L’élection aura lieu en février. Le nom d’Anne Froidevaux a circulé, tout comme celui du maire d’Alle, Stéphane Babey. «Il faudra voir ce que la présidence du parti décidera», lâche-t-elle prudemment. Mais le siège PDC risque d’être revendiqué par d’autres, par exemple par le PS, les Verts ou l’UDC.

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Philippe Loertscher (VD): Objectif Lutry

Dans le canton de Vaud comme partout, les Jeunes libéraux-radicaux ont subi les effets de la vague verte. Philippe Loertscher espérait obtenir 1700 suffrages, il en a récolté 1360. «Nous ne sommes pas parvenus à dépasser la barre du 1% que nous nous étions fixé, admet-il. Les Jeunes Vert’libéraux ont tout raflé, alors qu’ils n’existaient pas il y a deux ans, et les Jeunes Verts ont éclaté leur score.»

Pour autant il ne regrette rien et est toujours en campagne pour son candidat aux Etats, Olivier Français. L’année prochaine sera passionnante: Isabelle Moret, dont il est l’assistant parlementaire, présidera l’assemblée fédérale. On retrouvera Philippe Loertscher aux communales de 2021, il se présentera au parlement de Lutry, où il pense avoir toutes ses chances.

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Kevin Morisod (VS): «Notre objectif est atteint»

En Valais, Kevin Morisod a le sourire. Avec ses 7052 suffrages, il termine en cinquième position de la liste des Verts valaisans. Mais son bilan personnel n’est pas ce qui lui importe le plus: «Notre objectif était de faire un siège au National, en doublant notre résultat de 2015, et nous l’avons atteint.» Pour la première fois, les écologistes du Valais auront un représentant au parlement fédéral, en la personne de Christophe Clivaz.

Face à son propre avenir, Kevin Morisod n’a aucune certitude, si ce n’est qu’il quittera en janvier la coprésidence des Jeunes Vert-e-s suisses, comme prévu depuis des mois. «Je ne serai probablement pas candidat aux communales de l’an prochain en Valais, glisse-t-il. Peut-être que je tenterai d’obtenir un siège au parlement cantonal en 2021, je déciderai en temps voulu.»

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Léo Tinguely (FR): «Nous ne sommes plus les plus à gauche»

Les élections laissent un goût mitigé à Léo Tinguely, coprésident de la Jeunesse socialiste fribourgeoise (JSF). D’un côté, il regrette l’érosion du PS au niveau suisse, qu’il explique par «les trop nombreux compromis conclus avec la droite, notamment sur l’âge de la retraite des femmes ou les réformes fiscales». «Nous ne sommes plus la force la plus à gauche du parlement, aujourd’hui ce sont les Verts.»

D’un autre côté, l’étudiant en sociologie et travail social se félicite du résultat des JSF, première liste jeune de son canton, avec 1,73% des suffrages. Lui-même termine en troisième position, derrière deux candidates, «un vote féministe, c’est très bien comme ça». Léo Tinguely, qui s’était déjà mobilisé pour la Grève des femmes du 14 juin, envisage de se présenter au Grand Conseil fribourgeois, avec cette fois l’objectif d’aider la JSF à décrocher au moins un siège.

Un moment de campagne: Le week-end «vert» de Léo Tinguely


Mireille Tissot-Daguette (NE): «Nous avons vibré»

Candidate jeune vert’libérale neuchâteloise, Mireille Tissot-Daguette est ravie de relever que sa liste a fait le meilleur score des listes «Jeunes» de Suisse: «2,7%, ça paraît peu, mais c’est vraiment très encourageant.» Avec 1600 voix, cette enseignante se réjouit également de son propre résultat, étant la mieux sortie de sa liste. Et même si le parti n’a pas remporté son pari de décrocher un tout premier siège au Conseil national, «nous avons vibré», s’enthousiasme-t-elle.

La candidate se tourne déjà vers l’avenir. «La prochaine échéance, ce sont les communales de juin. J’espère bien être au Conseil général de la nouvelle commune élargie de Neuchâtel (qui fusionne avec trois de ses voisines). J’ai eu pas mal de visibilité, ça me paraît faisable.»

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