Le 23 octobre, les électeurs seront appelés à recomposer le parlement fédéral. La campagne s’annonce tendue. La polarisation observée depuis une décennie n’a cessé de se renforcer, ce qui a eu pour effet d’accroître les tensions au Conseil national, où les alliances contre-nature entre le camp rose-vert et l’UDC ont eu raison de plusieurs projets politiques, notamment dans le domaine de la défense.

On assiste d’ailleurs à un déséquilibre problématique entre les deux Chambres. Le Conseil des Etats reste dominé par les forces du centre droit: les 16 démocrates-chrétiens et Verts libéraux, les 12 sénateurs du PLR et l’unique représentant du Parti bourgeois-démocratique (PBD) y ont la majorité absolue. Cela suffit à mettre en déroute toute tentation d’alliance de blocage entre le PS (8 élus, le siège de Simonetta Sommaruga restant inoccupé jusqu’en mars), les Verts (2 sièges) et l’UDC (6). La situation est très différente au National, où l’UDC (60 sièges), le PS (41) et les Verts (22) occupent davantage de sièges que le centre. Le groupe du PDC, des Evangéliques et des Verts libéraux (36), les libéraux-radicaux (35) et le PBD (5) ne sont pas assez forts pour barrer la route à des alliances de circonstances.

L’enjeu des élections est ainsi crucial. En 2007, l’UDC était clairement sortie en tête avec 28,9%, devant le PS (19,5%), le PLR (17,7% si l’on additionne les voix du Parti radical et du Parti libéral avant leur fusion), le PDC (14,5%) et les Verts (9,6%). De la nouvelle composition du parlement dépendra ensuite celle du Conseil fédéral, qui sera désignée le 14 décembre. Le siège d’Eveline Widmer-Schlumpf, élue comme membre de l’UDC à la place de Christoph Blocher mais réfugiée au PBD depuis lors, vacille. Arithmétiquement, l’UDC a droit à ce siège. Mais le jeu des opportunités politiques peut sauver la tête de l’actuelle vice-présidente du gouvernement.