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Elections fédérales: la vague verte se confirme

Alors que les deux formations écologistes affichent une remarquable progression, tous les partis gouvernementaux accusent une baisse de leur part électorale

C’est une vague verte qui devrait déferler le 20 octobre prochain sur la Suisse. Le dernier sondage de l’institut Sotomo pour le compte de la SSR confirme les dernières tendances: les Verts recueillent 10,7% des voix et les Vert’libéraux 7,3%, soit ensemble 18%. Comme la plupart de leurs nouveaux électeurs viennent d’anciens abstentionnistes, il faut s’attendre à un – léger – glissement à gauche au Conseil national. Un résultat qui n’est pas surprenant. Durant les douze derniers mois, le réchauffement climatique est devenu, à égalité avec la lourdeur des primes d’assurance maladie, le principal sujet de préoccupation des gens.

Tous les partis qui avaient signé en 2015 le pacte de la «coalition bourgeoise» accusent une baisse. L’UDC – qui reste cependant largement en tête avec plus de 27% des suffrages – perd 2,1%, le PLR 1,2% et le PDC 1%. La majorité de droite dont disposaient les deux premiers partis susmentionnés au Conseil national appartient donc probablement déjà au passé. Pour l’instant, cela ne préoccupe pas trop la vice-présidente de l’UDC Céline Amaudruz. «Le plus important, c’est que nous restions de loin le plus grand parti de Suisse. Notre but reste de rééditer notre score de 29,4% de 2015. Je ne ferai pas d’autre commentaire avant le 20 octobre», relève-t-elle.

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Effet «Röstigraben» pour le PLR

Au PLR, qui a amorcé un vrai virage écologique en cette année électorale, la situation doit être nuancée. «Le sondage révèle une rupture entre les régions sur ce plan», relève Benoît Genecand (PLR/GE). Cet «aggiornamento» a été bien accueilli en Suisse romande, où le parti bleu progresse légèrement et résiste bien à la poussée des Vert’libéraux. En Suisse alémanique en revanche, il a poussé certains électeurs vers l’UDC, ce qui explique la baisse nationale. «Outre-Sarine, l’UDC a mené une campagne agressive contre toutes les taxes vertes, ce qu’elle n’a pas fait en Suisse romande», ajoute Benoît Genecand.

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Au centre, le PDC a un œil qui rit et l’autre qui pleure. Certes, il passe derrière les Verts, mais il est aussi le parti de la coalition bourgeoise qui perd le moins de parts électorales. «Avec notre initiative visant à introduire un mécanisme de frein aux coûts de la santé, nous répondons à un souci majeur des gens», note le porte-parole du PDC Michaël Girod.

De leur côté, les Vert’libéraux auraient tout pour être heureux si leur progression était linéaire en Suisse. Mais elle ne l’est pas. En Suisse romande, la Vaudoise Isabelle Chevalley restera vraisemblablement leur seule représentante, ce qu’elle regrette. «Durant cette campagne, je constate que les gens peinent à distinguer notre parti de celui des Verts», raconte-t-elle. En témoigne ce courriel qu’elle a reçu d’une personne qui la félicite sincèrement pour son action à Berne, mais qui finit par dire qu’elle va voter pour les Verts! En Suisse romande, le positionnement des deux partis est beaucoup moins marqué qu’il ne l’est en Suisse alémanique, où la rupture a été consommée plus tôt, soit en 2005 déjà.

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La gauche en progression de 3%

La gauche devrait donc se renforcer. Pour la première fois, les Verts figurent au quatrième rang des partis. Fait réjouissant pour eux: ils gagnent un nouvel électorat, ne progressant que peu au détriment du PS. «Je suis très contente et ne boude pas mon plaisir, mais grandir tout seuls ne sert à rien», relativise Adèle Thorens (Les Verts/VD). Pour elle, la seule question qui se pose est celle des alliances dans le futur parlement. «Parviendrons-nous à mettre sous toit une bonne loi sur le CO2, à lutter contre les pesticides et à faire passer un contre-projet à l’initiative sur les multinationales responsables?»

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Le premier allié naturel des Verts, c’est le Parti socialiste, qui recule légèrement à 18,2%, mais qui se console vite. «Nous sommes le parti gouvernemental qui régresse le moins. Nous sommes en bonne voie pour atteindre notre but principal, soit casser la majorité de droite au Conseil national», déclare Gaël Bourgeois, porte-parole adjoint au PS. «Ce sondage confirme que la population rejette la politique menée lors de la dernière législature», renchérit-il.

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