C’est un dimanche électoral surprenant qui a animé trois, voire quatre cantons romands ce 8 novembre. La poussée de l’UDC et du PLR observée lors du scrutin du 18 octobre, pour le National et durant les premiers tours des Etats, s’est vérifiée sur les terres vaudoises, et dans une moindre mesure, dans le Jura. Là où la droite aurait pu espérer glaner encre davantage de voix, elle a échoué, à Genève comme à Fribourg.

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Genève: une agitation suicidaire

Certes, la droite genevoise est partie dans un désordre qui pouvait lui coûter cher. Le choix de la frange dure, UDC et MCG, de lancer à la fois Yves Nidegger et Eric Stauffer a achevé de fragmenter une droite qui s’est échangée plusieurs noms d’oiseaux pendant la campagne. Face à ces candidatures agitées, Benoît Genecand, le PLR, n’a pas pu drainer assez de voix au nom d’un centre droit plus consensuel.

Fribourg: un équilibre plébiscité

A Fribourg, les paris ont pu être plus favorables à l’UDC. La postulation-missile de Jean-François Rime a été susceptible de bouleverser la donne; après tout, c’est un poids lourd politique, un entrepreneur d’importance dans le canton, qui bénéficie en plus de son poste de président de l’USAM pour accroître sa visibilité médiatique – sans compter ses postures anti-SSR, une critique de plus en plus populaire. Au National le 18 octobre, l’UDC a raflé un siège au PS; certains ont pu penser qu’elle chiperait le poste de sénateur de Christian Levrat. Las, le missile a éclaté en vol, ne convainquant pas des électeurs sans doute attachés au ticket modérateur PS-PDC.

Vaud: l’opération miracle d’Olivier Français

C’est en terres vaudoises qu’est venue la surprise. Le miracle, selon le point de vue. Le PLR Olivier Français a réussi la mission périlleuse s’il en est, de déboulonner le tandem de gauche en place depuis huit ans aux Etats. Ecologiste assurément pas fundi, apprécié par une partie de la droite, Luc Recordon a été dépassé par le conseiller municipal lausannois. Lequel a bénéficié de votes UDC, alors même que les relations entre les deux partis ne sont pas au beau fixe, c’est peu dire. Y a-t-il calcul chez les agrariens, afin de gagner un partisan d'un deuxième siège UDC au Conseil fédéral, comme l’insinuent certains persifleurs à gauche? Peut-être. Ou alors, les électeurs ont voulu rétablir une forme d’équilibre, pour un canton qui reste fort ancré à droite.

Cette modeste confirmation de la poussée de la droite s’observe aussi dans le résultat du scrutin au gouvernement jurassien, dont le second tour avait aussi lieu ce dimanche. Les électeurs ont évincé un ministre socialiste en place, Michel Thentz, pour donner un siège au PCSI, parti plutôt à gauche mais dont le candidat était soutenu par l’UDC.