L'Union démocratique fédérale (UDF) fait cette année une timide, mais remarquée apparition en Valais. Jusqu'ici, le canton ne connaissait pas cette formation politique, qui essaime déjà dans d'autres régions du territoire suisse, et qui a même un conseiller national, en la personne de Dominique Weibel, de Langnau (BE). Ce mouvement politico-religieux, d'obédience simplement «chrétienne», présente cette année trois candidats pour le Grand Conseil valaisan. Il s'agit de Georges Jaccard, sergent dans l'Armée du Salut, qui est candidat dans le district de Martigny, de Pierre Cavin dans le district de Conthey, et de Philippe Challandes dans le district de Sion. Trois parfaits inconnus dans le microcosme politique valaisan.

Le dernier cité a créé, malgré lui, un incident de campagne relaté mercredi par Le Nouvelliste. Secrétaire syndical de la FTMH à Monthey, il s'est lancé, sans en avoir au préalable averti son employeur, sur une liste de l'UDF. La fédération l'a prié de renoncer à ce mandat politique, en contradiction avec les idées syndicales qu'elle défend. Comme il ne peut pas revenir en arrière, il a décidé d'être tout de même candidat. Mais, s'il est élu, Philippe Challandes s'est engagé à ne pas occuper son fauteuil de député, ceci afin de préserver son emploi: «J'ai quatre enfants, une épouse et des charges importantes. Je ne vais quand même pas sacrifier ma famille à la politique.» Ça se discute, mais, compte tenu de la probabilité, déjà restreinte au départ, et affaiblie maintenant encore, de le voir accéder au Grand Conseil, cela ne devrait pas finalement porter à conséquence.

La FTMH a estimé que cet engagement politique dans un parti connoté notoirement très à droite n'est pas compatible avec son activité professionnelle dans un milieu connoté notoirement à gauche. Après les élections, le secrétaire a d'ores et déjà rendez-vous avec son employeur pour revoir les conditions d'une collaboration future. De son côté, le président de l'UDF en Valais, Georges Jaccard, estime que son parti n'est ni de droite ni de gauche, mais qu'il soutient d'abord des idées en accord avec une certaine ligne chrétienne.