Comme l'accident nucléaire de Tchernobyl, toutes proportions gardées, a précipité les réformes dans l'ex-Union soviétique, de fortes secousses de sorties des urnes ont modifié de façon radicale la politique du gouvernement suisse. La première ici en date est la votation du 26 novembre 1989, en faveur de la suppression de l'armée. Parce que le résultat obtenu par les initiants (35,6% de oui) était inespéré et parce que, aussi, l'époque, au lendemain de la chute du mur de Berlin, se prêtait aux changements, cette votation a été un électrochoc. Les gradés se mirent à brûler ce qu'ils avaient adoré. Et Kaspar Villiger, qui avait annoncé la «catastrophe», en profita pour lancer des réformes dans l'armée. Le politologue Andreas Ladner classe l'initiative pour la suppression de l'armée dans la catégorie des objets radicaux: le résultat qu'ils obtiennent est multiplié par la radicalité même des propositions qu'ils contiennent. Plus le pourcentage de oui est élevé, plus l'impact politique est fort. L'initiative dite des Alpes, en 1994, fut aussi un électrochoc. Acceptée petitement (51,9% des voix) par tous les cantons alémaniques sauf Argovie, rejetée par les romands, elle demandait le transfert de la route au rail de tout le trafic de transit alpin, de la date de son entrée en vigueur à 2004. Cette initiative, combattue par le Conseil fédéral, agit toujours comme l'étalon de la politique des transports de la Suisse.