Selon une étude publiée mardi, les élèves de l’école genevoise se plaignent le plus souvent de discriminations fondées sur le physique. Les cas de racisme ou liés à la religion sont plutôt rares. Un constat qui a surpris aussi bien les auteurs du rapport que la conseillère d’Etat genevoise Anne Emery-Torracinta, responsable du département de l’instruction publique (DIP). Dit autrement, les thématiques rencontrées au quotidien par les jeunes à l’école ne se retrouvent pas dans le débat politique. Il existe un réel décalage entre les préoccupations des adultes, qui s’inquiètent du racisme et de l’antisémitisme, et celles des élèves, beaucoup plus portés sur le physique, relève Anne Emery-Torracinta.

L’étude du Service de la recherche en éducation (SRED) du canton de Genève ne s’est intéressée qu’aux élèves et à ce qui se passait au sein des bâtiments scolaires. Le rapport constate qu’à l’école primaire, quatre élèves sur cinq ont indiqué avoir été victime, au moins une fois, de discrimination. La fréquence de toutes formes de discriminations confondues tend ensuite à diminuer avec les années de scolarité. Une baisse qui peut s’expliquer par la distance qu’un jeune prend au fur et à mesure des années. Les classes sont aussi bien plus homogènes en secondaire II qu’en primaire, expliquent les auteurs de l’étude.

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Différence entre filles et garçons

En outre, les filles ont tendance à rapporter plus d’actes de discrimination que les garçons. Le phénomène est particulièrement visible au cycle d’orientation. Une des hypothèses retenues par les chercheurs est que les filles ont peut-être une sensibilité plus développée aux discriminations que leurs camarades masculins.

Le SRED a dévoilé mardi une deuxième étude qui portait, elle, sur la violence à l’école. Seul le cycle d’orientation a fait l’objet d’un examen. Il en ressort que la situation dans les établissements «ne semble pas s’être péjorée ces dernières années», à l’exception des questions de harcèlement et de cyberharcèlement.

Le DIP va continuer à œuvrer afin que l’école soit un lieu sécurisant. Le climat à l’intérieur d’un établissement est essentiel pour la réussite scolaire, a rappelé Anne Emery-Torracinta. Des mesures de prévention sont prises et continueront à l’être afin de faire des élèves des citoyens responsables et respectueux des autres.

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