Maux de tête, allergies, déconcentration, somnolence, la majorité des élèves suisses respire mal et en souffre, affirme l’OFSP. L’Office fédéral a mesuré pendant deux ans la concentration de dioxyde de carbone (CO2) au sein de 100 salles de classe, notamment dans le canton de Vaud. Résultat: la qualité de l’air ne s’est avérée «très bonne» que dans deux d’entre elles alors que 30% de l’échantillon disposait d’une atmosphère «inacceptable». L’air est même parfois «plus pollué à l’intérieur des salles que dans la rue», souligne le directeur suppléant de l’OFSP, Roland Charrière. Des mesures élémentaires permettent toutefois d’éviter l’asphyxie.

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«Air frais, idées claires»

A commencer par ouvrir les fenêtres. C’est d’ailleurs la principale recommandation de l’étude fédérale: aérer. Avant les premiers cours du matin, dès qu’une pause le permet, lors du repas de midi, autant de fois qu’il le faudra. «Les salles de classe nécessitent un apport d’air frais plus important que d’autres locaux», explique l’OFSP. Leur occupation est dense, les métabolismes concentrés y sont en théorie mis à rude épreuve et les adolescents en pleine poussée d’hormones sont parfois quelque peu négligés, «et ça se sent», dit une professeure. Si les écoles ne figurent pas toutes sur un pied d’égalité selon la vétusté de leurs bâtiments, des tests effectués dans plusieurs classes pilotes ont démontré qu’une simple aération méthodique des locaux faisait des miracles – même dans les vieux édifices aux classes exiguës.

Afin d’améliorer une situation jugée selon les cas «préoccupante», l’OFSP recommande par ailleurs que toute construction ou rénovation de bâtiment scolaire prenne désormais en compte la qualité de l’air. Là où l’ouverture des lucarnes ne suffirait pas, un «concept de ventilation» est en outre nécessaire, incite la Confédération. Pour permettre aux directions d’école de juger de la salubrité de l’atmosphère de leurs classes, un simulateur d’aération est dès maintenant disponible en ligne: Simaria. Une fois indiqués la fréquence des pauses, le volume d’une classe et le nombre de périodes et d’élèves qu’elle accueille, le logiciel offre en quelques clics une approximation de l’état d’intoxication de ces derniers. Si les résultats devaient se montrer alarmants, des brochures explicatives Air frais, idées claires sont là pour aiguiller sur le comportement à adopter.

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Un problème global

En 2014, l’Union européenne présentait les résultats d’une enquête similaire à celle de l’OFSP menée dans les classes de 21 pays. Ses résultats n’étaient pas plus reluisants. Outre de fortes concentrations en CO2, le rapport mettait en lumière la présence dans l’air de composants chimiques provenant de la peinture des bâtiments ou encore des colles utilisées par les élèves pour bricoler. Tout comme en Suisse, les relevés y démontraient que l’air ambiant dépassait fréquemment de manière très nette le «seuil d’hygiène» nécessaire à l’apprentissage.