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Image d'illustration: un élevage de volailles à Wengi dans le canton de Berne
© YOSHIKO KUSANO

Grippe aviaire

Les éleveurs de volaille s’arment contre le virus

La volaille domestique ne peut plus picorer à l’air libre afin d’éviter tout contact avec des oiseaux sauvages porteurs du virus H5N8. Mais le confinement a ses limites. A Fribourg, un éleveur a conduit ses oies à l’abattoir

Eleveur à Courlevon, dans le canton de Fribourg, Christoph Maeder a pris une décision douloureuse. Ce mercredi matin, il a amené toutes ses oies de prairie à l’abattoir. Elles resteront congelées jusqu’aux fêtes de fin d’année. Ce sont les mesures de prévention contre la grippe aviaire qui l’ont conduit à se séparer de ses quelque cinquante oies.

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Les oies se nourrissent essentiellement d’herbe fraîche, de feuilles de branches. Elles aiment se baigner et ont besoin de place. Christophe Maeder n’a pas voulu les priver de cet espace de liberté pour les enfermer dans une écurie et les nourrir de fourrage. Car l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) est clair: pour empêcher tout contact entre des oiseaux sauvages et des volailles domestiques, l’alimentation et l’abreuvage de ces dernières doivent être effectués dans un poulailler fermé, inaccessible aux oiseaux situés à l’extérieur. Si ces restrictions ne peuvent être appliquées, les animaux doivent être placés dans des locaux fermés.

Un concert de protestations

«Les oies n’aiment pas rester à l’intérieur, explique Christoph Maeder. Elles s’agglutinent, se mettent à combattre, se blessent. Chaque jour, il faut changer la paille et cette simple présence humaine les dérange. Elles sont stressées si bien qu’au final, elles perdent du poids au lieu d’en prendre. Comme éleveurs, nous n’avons rien à y gagner. De plus, nos bêtes sont malheureuses.» Le Fribourgeois souligne un autre désagrément: le bruit. Les oies savent se faire entendre lorsqu’elles sont mécontentes. Le simple passage de l’heure d’été à l’heure d’hiver a donné lieu à un véritable concert symphonique matinal.

Les oies n’aiment pas rester à l’intérieur. Elles se mettent à combattre et se blessent. Comme éleveurs, nous n’avons rien à y gagner

Christoph Maeder habite près du lac de Morat. Le risque est grand que des oiseaux sauvages porteurs du virus y transitent. D’ailleurs, c’est toujours près d’un lac que des oiseaux morts de la grippe aviaire ont été découverts. D’abord près du lac de Constance, puis du lac Léman et enfin du lac de Neuchâtel ce lundi. De plus, le virus H5N8, responsable de cette nouvelle épidémie, s’avère très contagieux. Il ne présente aucun danger pour l’homme mais se transmet très facilement d’un oiseau à l’autre. Cette période de migration n’arrange rien. Et si une volaille domestique est atteinte, tout l’élevage doit être abattu.

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L’élevage d’oies de prairie est encore un marché de niche en Suisse. Par contre, 20000 exploitations avicoles sont recensées. Président de Gallosuisse, l’association des producteurs d’œufs suisses, Jean Ullmann assure que les mesures de prévention ne devraient pas poser trop de problèmes aux professionnels de la branche. «La réglementation pour la détention de poules est sévère en Suisse. Nous sommes équipés, avec des jardins d’hiver ou des ères protégées. Les poules ont déjà l’habitude de s’y réfugier par mauvais temps», explique-t-il. Reste à savoir si elles y sont heureuses!

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