Elections

Elu au premier tour, Pierre Maudet va manquer à l’Entente

Le conseiller d’Etat est le seul candidat à obtenir la majorité absolue. Malgré cette victoire, il promet de continuer à faire campagne pour soutenir ses anciens colistiers qui resteront dans la course

Pierre Maudet a littéralement survolé l’élection au Conseil d’Etat. Sans surprise, le ministre très visible de la Sécurité et de l’Economie arrive en tête de ce premier tour, mais il réussit aussi l’exploit de s’épargner un second round en obtenant la majorité absolue.

C’est la démonstration que le conseiller d’Etat libéral-radical rayonne au-delà de sa famille politique, et que les polémiques lancinantes autour de certaines de ses réformes – celle de la police genevoise notamment – n’ont eu que peu d’emprise sur sa popularité. Cette victoire complique toutefois la tâche de l’Entente, qui perd son élément le plus solide en cours de campagne.

Retrouvez notre suivi de ce dimanche électoral.

Un meilleur pourcentage

Dès la première estimation, Pierre Maudet est donné élu avec 46 857 suffrages. A ce stade, c’est encore un peu moins que les 46 921 obtenus lors du premier tour de 2013, mais comme la participation est en baisse, le candidat fait déjà un meilleur pourcentage et obtient la majorité absolue (fixée à 45 309 à mi-journée). A l’issue du dépouillement, son score passe à 50 177 voix, la majorité absolue étant finalement atteinte dès 49 007 suffrages avec un taux de participation de 38,77%.

Pierre Maudet s’est lui-même dit très fier de ce résultat qualifié d’assez rare. Peu de conseillers d’Etat ont réussi à franchir la barre des 50% de bulletins valables du premier coup. En termes de nombre de voix, le Vert David Hiler avait tout de même engrangé 53 000 suffrages au premier tour de 2009 (mais avec une participation de 46%).

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Une victoire nette que même la gauche salue. Romain de Sainte Marie, député et vice-président du Parti socialiste, félicite le magistrat réélu pour son très bon score: «Pierre Maudet a bénéficié de sa très grande notoriété. Nous sommes nombreux à l’avoir soutenu dans sa course au Conseil fédéral et son résultat du jour est légitime car c’est un politicien très doué.»

Avec le nouveau système électoral, le citoyen est obligé de sortir son stylo et de mettre une croix à côté d’un nom. «Cela profite aussi aux plus connus», ajoute Romain de Sainte Marie. Et cela a certainement aussi profité à Mauro Poggia qui, malgré la débandade du MCG, fait un excellent score avec 43 724 voix.

«Le triomphe solitaire»

«Privé» d’un deuxième tour qui lui avait permis, il y a cinq ans, d’engranger finalement 59 057 suffrages, Pierre Maudet assure qu’il continuera pourtant à faire campagne. «Elle est permanente», explique l’animal politique, qui n’entend pas quitter une scène qui s’annonce animée. Ce d’autant plus que certains de ses désormais anciens colistiers, pas très bien placés, auront besoin de son soutien pour marquer des points. Au sein du PLR, on craint déjà une sorte d’«effet Pascal Broulis». La première place du grand argentier vaudois n’avait pas empêché la gauche de se renforcer au sein du gouvernement.

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A la question de savoir si sa brillante réélection est paradoxalement une assez mauvaise nouvelle pour l’Entente, Pierre Maudet s’en sort avec une forme de promesse: «Aujourd’hui, j’ai le triomphe solitaire. Mais ce que j’aime le plus, c’est le triomphe collectif.» Sur ce dernier point, on peine tout de même à le croire.

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