Le Zurichois Felix Gutzwiller est le nouveau chef du groupe radical aux Chambres fédérales. Il sera secondé par le Neuchâtelois Didier Burkhalter, choisi, mardi également, pour la vice-présidence, où il rejoint la Saint-Galloise Erika Forster. Avec l'élection à la présidence du parti du Tessinois Fulvio Pelli, le 5 mars dernier, l'équipe dirigeante radicale est à nouveau au complet, au terme d'une crise ouverte l'automne dernier par la démission, pour raisons de santé, du Zougois Rolf Schweiger. Le groupe parlementaire n'a pas eu besoin de procéder à un vote mardi. C'est par acclamations a qu'il a désigné Felix Gutzwiller et Didier Burkhalter, qui faisaient figure de candidats naturels, sans concurrence, pour les postes à repourvoir. A moins que, plaisantait le premier, les membres du groupe n'aient été tellement soulagés de trouver deux personnes pour assumer le job qu'ils n'ont pas cherché plus loin.

C'est vrai qu'il est loin d'être facile, pour un parti, de trouver les personnalités disposant du rayonnement et de l'autorité nécessaires et surtout disponibles au bon moment. Les radicaux en savent quelque chose, qui viennent de désigner leur quatrième président en quatre ans. A chaque fois, l'opération s'est déroulée dans un climat de controverse et de tension, accentuée lors des dernières échéances par la chute du parti dans les sondages, qui ne cesse de se confirmer depuis le désastre électoral d'octobre 2003. Felix Gutzwiller, justement, avait été pressenti pour la présidence du parti. Il n'avait pu se résoudre à mettre un terme à sa carrière professionnelle, à la tête de l'Institut de médecine préventive de l'Université de Zurich, pour briguer un poste à la fois mal payé et offrant des perspectives d'avenir aléatoires. Avocat-notaire, Fulvio Pelli pouvait plus facilement moduler son activité professionnelle en endossant la charge de la présidence du parti.

Moins gourmande en temps que celle du parti, la présidence du groupe n'en est pas moins un poste stratégique, qui commande la manœuvre sur le terrain de troupes pas toujours très enclines au respect de la discipline. La désunion et la division constituent le problème récurrent du parti et du groupe radical. Voilà pourquoi tant Felix Gutzwiller que Didier Burkahlter insistent beaucoup sur le retour à l'unité et à la stabilité, indispensables si le parti veut se retrouver dans le camp des vainqueurs en 2007. L'un et l'autre disposent de quelques atouts pour relever ce défi. Le Zurichois Felix Gutzwiller, qui a su se positionner en marge des courants qui traversent son parti cantonal, est naturellement ouvert aux préoccupations des Romands. Personnalité intégratrice, il a vécu et milité ans le canton de Vaud, où il a été membre du Conseil communal (organe délibérant) de Belmont-sur-Lausanne. Vice-président du groupe, il avait déjà pu donner sa mesure au moment de la succession de Kaspar Villiger, lorsque Fulvio Pelli, lui-même candidat, avait dû abandonner provisoirement ses fonctions.

Quant à Didier Burkhalter, s'il est nouveau au sein du groupe – il a été élu à Berne en 2003 – il est au bénéfice d'une longue carrière politique municipale et cantonale entamée très tôt au Conseil communal de Neuchâtel et au Grand Conseil. Il demeure l'une des rares personnalités d'envergure d'un Parti radical neuchâtelois en pleine déliquescence, guetté par le désastre aux élections d'avril. A Berne, il a très rapidement fait figure d'étoile montante du groupe radical, où il s'est spécialisé dans les problèmes de sécurité. Il retrouve en quelque sorte Felix Gutzwiller, avec lequel il avait déjà travaillé voici une quinzaine d'années, lorsqu'il était secrétaire romand du parti. Le nouveau président du groupe est, relève-t-il «un leader qui sait écouter».