Les parlementaires, qui se prononceront en septembre sur les mesures de soutien aux entreprises, sont franchement critiques. «Comment juger si ces 2 milliards de francs, c’est trop ou trop peu, si on ne connaît pas le détail», résume l’UDC Jean-François Rime. Les démocrates du centre attendent des allégements à long terme pour les entreprises, résume leur secrétaire général, Martin Baltisser. Mardi prochain, Christoph Blocher et l’entrepreneur Peter Spuhler présenteront les propositions de l’UDC aux médias.

Même énervement au PS, qui se dit «sceptique». «Une aide de ce type, écrit-il, ne saurait être accordée sans contrepartie» aux entreprises, «alors même qu’elles envisagent de supprimer des places de travail ou de baisser les salaires».

Le PLR, dont le ministre Johann Schneider-Ammann est impliqué, semble embarrassé. «2 milliards de francs, c’est une somme très importante, note Fulvio Pelli. Il faut être attentif à son utilisation, et veiller notamment à ce que ces mesures ne violent pas la règle du frein à l’endettement ou ne créent pas des distorsions de marché.» Moins sévère, le vice-président du PDC, Dominique de Buman, par ailleurs président de la Fédération suisse du tourisme, estime que le Conseil fédéral «a le mérite de montrer qu’il mesure l’ampleur et la durée de la crise».

Surtout, les partis craignent que les entreprises ne se disputent les 2 milliards, l’USAM évoquant «une boîte de Pandore». «On peut craindre une bataille», souffle un élu de droite. A noter que, parmi les branches concernées, Suisse Tourisme, la Fédération suisse du tourisme, Remontées Mécaniques Suisses, Hotelleriesuisse et Gastrosuisse tenteront, en début de semaine prochaine, de s’accorder sur des propositions.