«On laisse entendre que nous autres Français sommes les gagnants dans l'histoire. Ce n'est pas tout à fait faux.» Cet élu du Pays de Gex (Ain) qui parle «confidentiellement» affichait une mine des beaux jours, hier, lors de la signature du projet d'agglomération. «Paris nous ignore, explique-t-il. On est un bout du monde et on ne donne pas d'argent au bout du monde. Aujourd'hui on vient d'intégrer une agglomération de 800000 habitants, on va enfin peut-être compter un peu plus.»

Les deux départements français limitrophes de Genève se réjouissent: le lancement d'une véritable agglomération franco-valdo-genevoise devrait booster ces régions en proie à plusieurs crises, dont celles du logement et du transport. Jocelyne Boch, la vice-présidente du Conseil général de l'Ain, le dit très bien: «Le plan directeur de l'habitat transfrontalier prévoit la construction de 5000 logements par année, une moitié en Suisse, l'autre en France, c'est une réponse à la pénurie générale de logements.»

L'élu du Pays de Gex ajoute: «Genève, qui a tendance à exporter en France voisine ses soucis immobiliers, va devoir construire.» Charles de la Verpillière, le président du Conseil général de l'Ain, parle de son côté de nécessité de rééquilibrage en matière d'emplois entre la Suisse et la France et de nécessité de développer les infrastructures de transport «pour peu qu'on nous y aide».

Charles de la Verpillière cite en exemple le prolongement du tramway Cornavin-Meyrin-CERN jusqu'à Saint-Genis-Pouilly qu'il souhaite voir se réaliser «si la charge financière est partagée à l'image du CEVA».