Ce sera le sujet brûlant de l'automne dans le Jura: la loi sur la gestion de l'eau. Qui, sur ses principes «modernes, globaux et durables», selon ses défenseurs, ne pose pas de gros problème. La pierre d'achoppement, c'est la taxe cantonale de 40 centimes, en plus des taxes locales, à prélever sur chaque mètre cube consommé, destinée à alimenter un fonds qui permettra de remettre en état les canalisations et les cours d'eau. «Un impôt supplémentaire et une perte d'autonomie des communes», dénoncent les adversaires du projet.

Usant d'un droit que le Jura a été le premier à inscrire dans sa Constitution, plusieurs communes ont fait aboutir le référendum. Il en fallait huit, elles seront une vingtaine sur 83. En réalité, elles utilisent cette loi pour dire leur rancœur envers l'autorité cantonale (LT du 01.07.2008).

La riposte des partisans de la loi s'organise. Un comité de députés de tous les partis, UDC exceptée, s'est constitué, pour recentrer le débat. «Cette loi sur l'eau est prise en otage», dénonce le PDC Michel Choffat, maire de Buix. Et d'enchaîner: «Avez-vous déjà entendu les opposants parler d'eau?»

Ce comité craint que le «carton jaune» que certains maires brandissent envers le gouvernement débouche sur «un carton rouge à une loi exemplaire», saluée par l'Office fédéral de l'environnement.

Réseau en piteux état

Les promoteurs de la loi s'appliquent à démonter les assertions des référendaires, «tendancieuses et consternantes», selon le radical Serge Vifian: «Ce n'est pas un impôt supplémentaire, s'offusque le socialiste Michel Thentz, car la taxe répond au principe de l'utilisateur-payeur et le fonds sera redistribué aux communes pour les encourager à investir dans les infrastructures liées à l'eau.» Le réseau d'alimentation et d'évacuation des eaux est en piteux état dans le Jura. Pour un litre d'eau arrivé au robinet, un autre litre se perd dans la nature. «L'eau, c'est le défi du XXIe siècle, assène le socialiste Ami Lièvre. Elle ne peut être un objet de polémique.» «Avec la taxe de 40 centimes, le prix moyen du mètre cube dans le Jura sera de 3,80 fr.. Il défie toute concurrence», renchérit le Vert Hubert Godat.

Reste que plusieurs maires ne veulent voir, dans ce débat, que les relations conflictuelles entre canton et communes. «Il faut convoquer des états généraux», affirme Serge Vifian, qui appelle le gouvernement à «faire des concessions» envers les communes.

La date du vote n'a pas encore été arrêtée par le gouvernement. Ce sera un choix stratégique. Cumulera-t-on élections communales et loi sur l'eau le 30 novembre? Les partisans de la loi préféreraient ne pas lier les deux scrutins.