Il y a tout juste un an, les électrices et électeurs du pays renouvelaient la composition des Chambres fédérales. Une septantaine de nouveaux visages ont fait leur apparition sous la Coupole bernoise, ce qui représente 30% de l'ensemble du parlement. Ce taux de renouvellement relativement élevé était assez prometteur, dans la mesure où toute une série de politiciennes et de politiciens réputés sur le plan cantonal se sont vu offrir la chance de faire leurs preuves à l'échelon national.

Un an et quatre sessions parlementaires mouvementées plus tard, où en est-on? Qui a véritablement émergé en cette première année d'une législature marquée par l'éviction de Christoph Blocher et la création d'une nouvelle entité politique, le Parti bourgeois-démocratique, auquel se sont ralliés les conseillers fédéraux Samuel Schmid et Eveline Widmer-Schlumpf? Quelles sont les nouvelles têtes qui comptent déjà à Berne? A l'inverse, quelles sont les personnalités politiques qui n'ont pas répondu aux attentes, parfois trop élevées peut-être, qui avaient été placées en elles?

Un choix subjectif

La rédaction politique du Temps a profité de la session parlementaire d'automne pour sonder les «anciens» des partis afin d'identifier celles et ceux qui avaient déjà trouvé leur place à l'intérieur de leur propre formation, au parlement ou auprès de l'opinion publique. Elle y a ajouté ses propres observations et propose une galerie de portraits. Le choix est forcément subjectif. D'autres noms auraient pu être retenus et mis en évidence, et cela dans tous les partis.

Au PDC, les grandes compétences du conseiller aux Etats lucernois Konrad Graber auraient pu être mises en lumière. Voilà un politicien qu'il faudra suivre de près, mais qui souffre sans doute d'une certaine austérité.

Bâlois en vue

A l'UDC, le Schaffhousois Thomas Hurter attire l'attention. Pilote et président de la sous-commission chargée d'évaluer les nouveaux avions militaires en lice pour remplacer la flotte des Tiger, il émerge de la moyenne des nouveaux élus de son parti, et pas uniquement par sa haute stature.

Chez les radicaux, le Fribourgeois Jacques Bourgeois, directeur de l'Union suisse des paysans, s'affiche déjà comme un acteur influent. Tout comme le Bâlois Peter Malama, un hyperactif qui intervient sur les questions économiques, financières et militaires. Il est toutefois jugé insuffisamment fiable par ses congénères, qui se méfient de certaines de ses prises de position. Au PS, Eric Nussbaumer, Bâlois lui aussi, est en train de se faire un nom en attaquant les acteurs du marché libéralisé de l'électricité. Chez les Verts, une autre Bâloise, Anita Lachenmeier, semble particulièrement présente.

Nouveaux partis

A l'inverse, et en comparaison avec le Zurichois Bastien Girod, le jeune Genevois Antonio Hodgers, dont on attend visiblement beaucoup, ne se profile pas encore comme un acteur majeur de la formation écologiste.

Au Parti socialiste, après avoir épaté le parlement en endossant le rôle de rapporteur de commission sur la réforme de l'armée, le Biennois Ricardo Lumengo a consterné ses camarades après une prestation désastreuse à la TV romande.

La législature est également marquée par l'arrivée de trois nouveaux Verts libéraux et la création du PBD. Les premiers sont intégrés au groupe parlementaire démocrate-chrétien, ce qui les prive d'une certaine visibilité. Quant aux seconds, transfuges de l'UDC emmenés par le Bernois Hans Grunder, novice sous la Coupole, ils n'ont pas réussi à créer de groupe propre et attendent de trouver asile auprès d'un autre parti du camp bourgeois.

Finalement, au terme d'une analyse approfondie, après avoir entendu plusieurs acteurs clés du parlement, la rédaction s'est arrêtée à la liste qu'elle vous présente dans cette page.