Les citoyens d'Emmen, dans la banlieue de Lucerne, ont refusé dimanche six demandes de naturalisation de ressortissants de l'ex-Yougoslavie. Selon le Tages-Anzeiger de lundi, ce vote confirme une tendance qui se vérifie depuis quatre ans à Emmen: on naturalise plus facilement les citoyens de l'Union européenne, voir d'autres pays extraeuropéens que ceux en provenance des Balkans. Les candidats déboutés à l'obtention de la citoyenneté suisse étaient de nationalité bosniaque, macédonienne et croate. C'est la demande déposée par un couple bosniaque qui a été le plus nettement refusée. Une demande pour laquelle le Conseil communal d'Emmen avait émis un préavis négatif en raison de lacunes en allemand et dans les connaissances de la Suisse.

Parallèlement, d'autres demandes de naturalisation ont été acceptées dimanche: c'est notamment le cas de deux jeunes Turques et d'une Portugaise, d'un Espagnol, d'une famille sri-lankaise et d'une mère thaïlandaise avec son fils. Des votes qui confirment, selon le Tages-Anzeiger, que, depuis 1999 – date depuis laquelle il incombe à la population de se prononcer sur les naturalisations –, Emmen accorde en principe sans problème le passeport à croix blanche aux candidats qui ne proviennent pas de l'ex-Yougoslavie.

Avis du Tribunal fédéral

Sur cette toile de fond, le Tribunal fédéral se prononcera, le 9 juillet prochain, au sujet d'une plainte formulée par cinq ressortissants des Balkans. Ces derniers, n'ayant pas obtenu la nationalité suisse en mars 2000, estimaient qu'ils avaient fait l'objet de discrimination. Le Conseil d'Etat lucernois avait pour sa part refusé la plainte au motif qu'un éventuel traitement discriminatoire des demandes était difficile à prouver.