Fisc

Des employés de Credit Suisse seraient soupçonnés d’avoir fait rapatrier des fonds non déclarés en France

Un «porteur de valises» aurait été chargé de rapatrier illégalement en France quelque 208 000 euros non déclarés en liquide, affirme le magazine français «Challenges», qui parle de pratique courante

208 000 euros, en espèces. C’est la somme que des employés de Credit Suisse auraient fait illégalement rapatrier de Lausanne à Paris pour le compte de clients français en délicatesse avec le fisc, affirme le magazine économique français Challenges mercredi sur son site Internet. A l’origine du scandale, écrit le magazine, un conflit de succession entre un frère et une sœur, Claude R. et Monique B. Une affaire dans laquelle Claude R. avait porté plainte contre sa sœur et contre la banque en septembre 2012. Donnant lieu, selon Le Parisien, à l’ouverture d’une enquête préliminaire confiée à la Brigade de répression de la délinquance astucieuse.

Un vieux contentieux

Selon les médias français, l’évasion fiscale des parents de Claude R. et Monique B. remonte à la seconde guerre mondiale. Depuis lors, le couple aurait eu pour habitude de déposer ses économies en lingots d’or et de platine dans un coffre de Credit Suisse à Lausanne, à l’abri du fisc français. Selon Claude R., le coffre contenait l’équivalent de plus de 5 millions d’euros; sa sœur, elle, affirmait avoir vendu le contenu du coffre en 2010 à la demande de son père pour 2, 2 millions d’euros, poursuit Challenges. Une somme divisée en trois parts égales de 775 000 euros, respectivement versées sur son propre compte en France – dûment régularisé –, à Claude R. en Israël, et à leur père. Claude R. accuse sa sœur d’avoir «profité de la santé fragile des parents pour faire main basse sur une partie des lingots, avec la complicité du Crédit Suisse», écrit Challenges.

Selon les informations du magazine, «Monique B. a été convoquée par les douanes fin 2012 et leur a expliqué que la banque avait chargé un porteur de valises de ramener, dans un premier temps, 208 000 euros en espèces à son père à Paris». Alors que les sommes de plus de 10 000 euros doivent être déclarées à la douane. Monique B. aurait affirmé à la douane française que Credit Suisse procédait régulièrement de cette façon. Courant 2013, le dossier aurait été transmis à la Direction Nationale des Enquêtes Fiscales.

Contacté par Challenges, Credit Suisse répond: «nous respectons toutes les règles et réglementations applicables dans chaque pays où nous opérons». Sollicité par Le Temps, la banque déclare n’avoir «aucun commentaire à faire sur cet article», tout en réitérant la déclaration faite au magazine français.

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