Les employés de Tamoil tirent la sonnette d’alarme: ils sont sous pression et bientôt plus en nombre suffisant pour garantir la sécurité. Ils exigent la mise en veille de la raffinerie de Collombey (VS), le temps que les négociations du plan social soient terminées.

Garantir la sécurité de la raffinerie, et donc de la population, est une priorité absolue pour les salariés, ont souligné leurs représentants vendredi matin, après le blocage durant quelques heures de la gare de chargement de Tamoil à Aigle (VD). Le problème est que, depuis l’annonce du licenciement collectif le 13 janvier dernier, le personnel est fragilisé, plongé dans l’incertitude, et ne se trouve donc plus dans les meilleures conditions pour assurer cette sécurité.

A cela s’ajoutent le nombre de collaborateurs malades et le départ de ceux qui ont trouvé un nouveau travail. Les salariés ont donc voté jeudi une résolution demandant à Tamoil «la suspension temporaire des activités de production et de livraison de la raffinerie», jusqu’à la fin des négociations du plan social.

Leur revendication est soutenue par la direction opérationnelle du site qui serait, selon eux, «soulagée d’arrêter les installations». Les syndicats ont demandé à Tamoil de rendre une réponse rapide sur cette demande qui nécessiterait une semaine environ pour être réalisée.

Appel à l’Etat du Valais

Les salariés demandent également à l’Etat du Valais de veiller à l’application de la loi sur le travail, notamment au niveau des plannings. Certains salariés doivent en effet pallier l’absence de leurs collègues en cumulant les heures, ce qui n’est pas sans risque, estiment leurs représentants.

L’autre volet de la résolution acceptée à la quasi-unanimité par les salariés concerne le plan social. Les négociations ont tourné court mercredi. Les syndicats et la délégation du personnel ont en effet quitté la table, jugeant les propositions de Tamoil «inacceptables». Selon les syndicats, ces dernières se situent bien en dessous des standards usuels en Suisse dans des situations similaires. Elles seraient également bien trop basses par rapport à ce que la compagnie pétrolière a accepté à Crémone (Italie) par exemple.

Les salariés demandent à Tamoil de revoir sa copie et réclament la présence des administrateurs de la compagnie pétrolière en personne lors des négociations. La prochaine séance est prévue le 17 février.

Les refus de Tamoil

Le 29 janvier dernier déjà, la délégation du personnel avait demandé à la direction de Tamoil d’indiquer rapidement à chacun des 233 salariés de la raffinerie la date de son licenciement. Pour le site de Genève, où aucun collaborateur ne sait qui sera touché par les 25 licenciements annoncés, une liste nominative avait été demandée.

En vain. Tamoil refuse pour l’heure de donner ces informations. Le groupe pétrolier a aussi refusé d’intégrer dans le plan social les temporaires de longue durée et les collaborateurs qui ont donné leur congé depuis l’annonce du licenciement collectif.

Tamoil refuse également de libérer les salariés de l’obligation de travailler. Une pratique pourtant courante dans les sociétés industrielles où la sécurité est un élément important, soulignent les syndicats. La seule mesure accordée pour l’heure au personnel consiste en la mise en place d’un coaching pour la reconversion professionnelle.