Plusieurs centaines de fonctionnaires municipaux genevois ont manifesté hier leur mécontentement devant le siège du Conseil administratif (exécutif). Les fonctionnaires refusent notamment l'idée d'un salaire au mérite et celle du licenciement facilité. Ils craignent que ces mesures soient introduites dans le projet de statut du personnel que le Conseil administratif doit adopter.

Une réunion entre l'exécutif communal et la commission du personnel a suivi la manifestation. Il en est ressorti que les fonctionnaires devront encore attendre jusqu'à la mi-décembre pour que le projet du gouvernement soit rendu public. Un délai supplémentaire qui s'explique par le fait que les conseillers administratifs «ne sont pas d'accord entre eux sur ce sujet», a estimé Gérald Crettenand, président de la commission du personnel.

Apparu plusieurs fois à la fenêtre du Palais Eynard, Patrice Mugny, vice-président du Conseil administratif, a été accueilli par des huées et des sifflets. Après la réunion avec la commission du personnel, le magistrat a déclaré ne pas comprendre les craintes des manifestants. «Dans le statut actuel, il y a déjà du salaire au mérite, avec des annuités versées si l'on est content du travail de quelqu'un. Dans le nouveau projet, il n'y a en tout cas pas davantage de salaire au mérite!»

Et d'indiquer que les basses classes des fonctionnaires genevois sont parmi les mieux payées de Suisse. «Ce n'est pas parce que les salaires ont été indexés que leur sort est enviable», répond Rémy Pagani, pour le Syndicat des services publics (SSP).