Vingt-cinq ans après la mort mystérieuse du politicien allemand Uwe Barschel à Genève, de nouveaux éléments se font jour. Comme le journal Welt am Sonntag l’a révélé dimanche, des nouvelles techniques d’investigations ont permis d’identifier l’empreinte génétique d’un inconnu, grâce à son ADN retrouvé mêlé à celui du défunt, sur les habits et une serviette de bain du chrétien-démocrate. Celui-ci avait été retrouvé mort le 11 octobre 1987, tout habillé dans la baignoire de sa chambre à l’hôtel Beau Rivage, après avoir absorbé, volontairement ou non, un cocktail médicamenteux létal. La procédure judiciaire allemande s’était arrêtée en 1998, sans avoir tranché entre un meurtre ou une mort volontaire – cette dernière thèse ayant toutefois été privilégiée lors des enquêtes allemande et suisse, sur la base de l’autopsie. Sa famille n’a jamais cru au suicide. Une expertise qu’elle a commanditée semble montrer que les médicaments n’ont pas été absorbés en même temps et que la substance létale aurait été ingurgitée alors que le politicien était déjà inconscient.

Le ministère public de Lübeck a confirmé à Welt am Sonntag que le matériel génétique retrouvé était en bon état de conservation. Auprès de l’AFP, le même Parquet a toutefois fait savoir qu’il ne comptait pas relancer la procédure, faute d’éléments suffisamment prometteurs pour justifier de nouvelles investigations. A Genève, le pouvoir judiciaire indique n’avoir pas été sollicité par la justice d’outre-Rhin.

Le ministre-président du Land de Schleswig-Holstein, tout au nord de l’Allemagne, avait péri quelque deux semaines après avoir démissionné de son poste, le 25 septembre 1987. Il avait dû alors démentir des accusations d’espionnage et de complot calomnieux au détriment de ses rivaux électoraux sociodémocrates. Le 31 mai de la même année 1987, l’élu avait été le seul rescapé d’un crash aérien.

Plusieurs thèses ont circulé au sujet de sa mort. Certains soutiennent qu’un service secret étranger pourrait avoir assassiné le ministre-président, lequel aurait eu connaissance d’un trafic d’armement. Reprenant la nouvelle de la Welt am Sonntag, la Süddeutsche Zeitung évoque, pour sa part, la piste d’un auxiliaire qui aurait prêté assistance au suicide d’Uwe Barschel: sa mort correspondrait, par certains aspects, aux méthodes prônées par les organisations d’aide à l’euthanasie.